mardi 23 juin 2026

Ce saint polonais a choisi Dieu plutôt que la couronne

 CASIMIR

Après avoir été témoin du côté malsain de la politique, saint Casimir (1458-1484), fêté ce 4 mars, a dévoué le reste de sa vie à la prière.

Prince de Pologne et grand-duc de Lituanie du XVe siècle, saint Casimir a découvert son talent d'orateur sous la tutelle du père Jan Dlugosz (1415-1480), grand historien. Chrétien de tradition, il n’est pas particulièrement religieux dans sa jeunesse.

Adolescent, son père, Casimir IV (1427-1492), souhaite le voir devenir roi de Hongrie et mène une campagne militaire dans ce but en 1471. Le jeune Casimir suit le dessein de son père avant de réaliser l’impact néfaste de la guerre sur son entourage. Ces conflits, qui coûtent des milliers de vies, le dégoûtent. Pire encore, c’est sous couvert du nom de Dieu que les seigneurs justifient leur conquête. Aucun doute possible dans l’esprit du jeune prince. Un Dieu qui aime tant la paix ne peut que verser des larmes face à tout ce sang et ces sournoiseries.

En décembre de la même année, Casimir renonce à la campagne. Il refuse de continuer à participer à ces atrocités. Ni les punitions, ni les supplications de son père, ne peuvent le convaincre de rentrer dans le jeu infernal de la régence. À partir de ce jour-là, Casimir décide de passer le reste de sa vie en pénitence. On retrouve souvent le jeune prince en prière dans l’église au petit matin. Il multiplie les actes de foi en prenant soin des pauvres et en priant souvent. Toujours traîné dans les affaires politiques par son père, il tente de se faire médiateur et d'apaiser les conflits. De 1481 à 1483, le roi lui confie la régence de la Pologne. Sa sagesse et son sens de la justice font qu’il est aimé du peuple.

Quelque temps plus tard, son père veut lui faire épouser une fille de l’empereur Frédéric III. Mais il refuse. La seule femme a laquelle il souhaite tout donner est la Vierge Marie. Casimir passe aussi de longues heures en adoration devant le Saint-Sacrement. Mais dû aux jeûnes sévères qu’il s’impose, il s’affaiblit et contracte la tuberculose. Casimir s’éteint à Grodno lors d’un voyage en Lituanie, le 4 mars 1484. Il est canonisé par le pape Adrien VI en 1522.


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dimanche 21 juin 2026

Saint Honorat, le moine qui changeait les fauves en hommes

 



Saint Honorat, le moine qui changeait les fauves en hommes

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Representation de saint Honorat d'Arles (mort en 430) .

La vie du saint évêque d’Arles, fondateur de l'abbaye de Lérins, fêté le 16 janvier, a fait la renommée de Cannes.

Tous les étés, la petite île de Saint-Honorat — une des deux iles de l’archipel de Lérins — au large de la ville de Cannes, est envahie par les touristes. Là se trouve un monastère plein de fraîcheur et de sérénité où la communauté des moines est heureuse d’accueillir ceux qui veulent retrouver le silence et se mettre à l’écoute de Dieu. Un monastère vieux de seize siècles, érigé sur les lieux mêmes où saint Honorat est venu s’installer entre 400 et 410 avec son compagnon ermite, Capraise, pour vivre son idéal monastique. Ce désert que représente pour lui la petite île, et dont il était à la recherche, deviendra rapidement l’un des centres les plus rayonnants du monachisme occidental et une pépinière de saints et de savants, issus de toutes les nations.

Au milieu des ronces et des serpents

Honorat, né vers 375, provient d’une riche famille de la noblesse des Gaules. Il s’est converti et a reçu son baptême très jeune, s’adonnant aussitôt à une vie d’ascèse avec son frère Venance. Il a vendu tous ses biens et les a donnés aux pauvres. Et il a décidé de vivre retiré dans une grotte des monts de l’Estérel, derrière Cannes. Et puis un beau jour son regard accroche la plus petite des îles qui émerge des flots. La petite île, à cette époque, est recouverte de ronces, grouille de serpents venimeux.

Les gens du pays en parlent avec épouvante et il n’y a même pas d’eau potable. Mais Honorat n’a aucun doute, c’est là qu’il veut vivre. "L’évidence le frappe en un trait de lumière : la solitude en Dieu qu’il désire tant est là, au milieu des vagues, sur ces rivages brillants de soleil", rapportent dans leur récit sur le saint moine les auteurs du Livre des merveilles, l’ouvrage réalisé par 158 spécialistes internationaux, en l’an 2000, pour faire connaître l’œuvre de Dieu à travers tant de vies : saints, missionnaires, mystiques, géants de la charité, ou témoins méconnus .

Pêcheur d’hommes

Moins de 30 ans plus tard, l’ile de Lérins se retrouve peuplée de moines, gorgée d’eau douce, débarrassées de ses aspics, devenue une halte prisée des navigateurs. Beaucoup vont jusqu’à faire le détour pour recevoir son hospitalité, car Honorat avait un don très particulier. Il lisait dans la vie et le cœur de ceux qui venaient à lui, comprenait tout de suite leurs peines, leurs joies, leurs préoccupations. À cette époque, les relations entre les hommes étaient brutales et violentes. Il apporta du neuf en expliquant l’attention aux autres, le respect, la tendresse, la solidarité. Son biographe et ami, Saint Hilaire, disait de lui qu’il "changeait les fauves en hommes". Il était l’image même de la tendresse paternelle. Il débordait de compréhension et de compassion pour les moines et pour ses hôtes.





© Lenush - ShutterstocAbbaye de Lérins, sur l'île de Saint-Honorat.

Un modèle d’exception.

À la fin de sa vie, il accepta de répondre à la demande des chrétiens de la ville d’Arles. C'est ainsi qu'il devint leur évêque. Hilaire, grâce auquel nous avons tous ces détails sur sa vie, lui succèdera. La disparition d’Honorat, en 430, après deux années seulement à la tête du diocèse, bouleverse la vieille ville. En Arles on sait bien pourquoi on est allé chercher le célèbre moine sur son ile : "Il avait tant d’amour à donner, il fallait bien que la ville en profite aussi un peu !".  La vie monastique instaurée par Honorat fut codifiée dans une règle de vie adressée à tous "les hommes épris de Dieu et prêts à tout quitter pour son seul amour". Elle fut la première du genre en Gaule et servit de modèles, avec celles de Césaire d'Arles, à saint Benoît (règle bénédictine).

L’influence du monastère de saint Honorat s’est étendu jusqu’en Angleterre grâce à saint Benoît Biscop. Ce moine anglais, formé à Lérins, fonda en 681 un monastère à Jarrow. La tradition veut que saint Patrick, lui aussi, soit venu à Lérins se former à la vie monastique pendant quelques années. De même saint Augustin de Cantorbéry sur le chemin qui le conduira de Rome à l’Angleterre s’y arrêtera un hiver entier (Abbaye de Lérins).


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samedi 20 juin 2026

Qui est la première femme canonisée. Quand st-Pierre est devenu Pape

 



Qui est la première femme à avoir été officiellement canonisée ?

Wiborada with Solomon III

Bien que la Vierge Marie soit considérée comme la première sainte catholique reconnue, il a pourtant fallu attendre le XIe siècle pour qu'une femme soit canonisée lors d'une cérémonie officielle par le pape. La connaissez-vous ?

La plupart des saints largement reconnus par l'Église primitive étaient des martyrs, car le christianisme était violemment persécuté par l'Empire romain. Les fidèles considéraient ces héros comme des exemples à imiter et comme des rappels de leur propre appel au sacrifice. Ces martyrs étaient appelés saints, bien qu'il n'y ait pas eu de processus officiel de canonisation ; leur réputation de sainteté était fondée sur la reconnaissance populaire et sur divers miracles qui auraient pu se produire grâce à leur intercession. À mesure que l'Église grandissait en nombre, les demandes de canonisation se multipliaient, ce qui a conduit à la mise en place d'une procédure permettant de trier les différentes demandes. Au départ, les évêques locaux pouvaient canoniser des individus, mais cela a changé par la suite lorsque le pape s'est réservé le droit de canoniser.

Sainte Wiborada

C’est ainsi que le pape Jean XV canonisa officiellement saint Ulrich d'Augsbourg en 993, puis ce fut au tour du pape Clément II de canoniser sainte Wiborada en 1047. Sainte Wiborada est donc la première femme à être officiellement canonisée par le pape. Qui est donc cette "première" sainte ? Sainte Wiborada (décédée en 926) était ermite et prophétesse suisse. Son prénom signifie "femme sage et de bon conseil". Elle était relieuse dans un monastère voisin, et y prédit l'invasion imminente des forces hongroises. Elle exhorta alors les moines à sauver les manuscrits les plus précieux en les emportant avec eux dans leur fuite. Mais Wiborada refusa d'abandonner son poste (ou ses livres) et fut martyrisée lors d’une razzia à l’abbaye suisse de Saint-Gall. Ses derniers mots furent : "Sauvez les livres". Devenue la sainte patronne des bibliothécaires, mais aussi des cuisinières, elle est représentée avec un livre dans une main et une hache de guerre (l'instrument de son martyre) dans l'autre. Elle est fêtée le 2 mai, et elle est particulièrement vénérée en Suisse.

Bien sûr, il y a eu bien des saintes avant le XIe siècle, dont beaucoup de martyres, mais si on considère le processus officiel à cette époque, c’est bien sainte Wiborada qui est la première officiellement canonisée. 




Quand saint Pierre est-il devenu le premier Pape ?

SAINT PETER AND JESUS

L’Église cathoique enseigne que Jésus lui-même a institué saint Pierre comme le premier pape, en proclamant "Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église".


Depuis 2.000 ans, l’Église catholique, en élisant un pape, le proclame successeur de saint Pierre. Malgré les controverses et les scandales qui ont jalonné l’histoire de la papauté au fil des siècles, il existe une lignée ininterrompue de papes, remontant directement à l’apôtre Pierre. Cependant, à quel moment Pierre est-il réellement devenu le premier pape ?

L’origine du ministère de Pierre

C’est dans l’Évangile selon saint Matthieu que se trouve le fondement de ce ministère :


"Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux" (Mt 16, 18-19).


Si Jésus n’emploie pas explicitement le terme de pape - un titre qui apparaîtra plus tard dans l’histoire de l’Église - la tradition catholique reconnaît dans ces paroles l’établissement du ministère pétrinien. En effet, en désignant Pierre comme "la pierre" de l’Église, Jésus souligne le rôle fondamental que l’apôtre est appelé à jouer dans l’édification de l’Église.

Dans l’Évangile de saint Jean (Jn 1, 42), Jésus souligne sa mission, en changeant le nom du futur apôtre : ""Jésus posa son regard sur lui et dit : "Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas" – ce qui veut dire : Pierre"". En araméen, langue parlée par Jésus, kepha signifie à la fois pierre et roche imposante, capable de servir de fondation pour une construction solide. C’est pourquoi l’Église continue d’enseigner que Jésus a désigné Pierre comme la pierre angulaire de l’Église catholique. Le lieu où Jésus a fait cette déclaration renforce le symbole, car la scène se déroule à Césarée de Philippe, une ville bâtie sur un immense rocher.

Le rôle unique confié par le Christ

Le Catéchisme de l’Église Catholique [CEC 552] confirme cette interprétation :

"Dans le collège des Douze, Simon Pierre tient la première place. Jésus lui a confié une mission unique. Grâce à une révélation venant du Père, Pierre avait confessé : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant". […] "Le Christ assure à son Église bâtie sur Pierre la victoire sur les puissances de mort. Pierre, en raison de la foi confessée par lui, demeurera le roc inébranlable de l’Église. Il aura mission de garder cette foi de toute défaillance et d’y affermir ses frères"".

Dès lors, Pierre devient le "rocher" de l’Église et reçoit une place privilégiée parmi les apôtres. Même lorsque les évangélistes énumèrent les noms des apôtres, le nom de Pierre apparaît en premier. Cette mission qu’il a reçue se poursuit depuis deux mille ans à travers ses successeurs. Leur mission reste fidèle à cet appel originel : veiller sur l’Église, affermir la foi des croyants et guider le peuple de Dieu.


source aleteia





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