vendredi 29 mai 2026

Pedro Ballester, le premier saint de la Gen Z ?

 


Pedro Ballester lors d'une rencontre avec le pape François en novembre 2015.

Le diocèse catholique de Salford, en Angleterre, a officiellement ouvert la cause de béatification de Pedro Ballester, un jeune originaire de Manchester décédé d’un cancer en 2018 à l’âge de 21 ans. Admiré pour sa foi et sa sérénité face à la maladie, il pourrait devenir l’un des tout premiers visages de la génération Z à prendre le chemin de la sainteté.


Huit ans après la mort de Pedro Ballester, le diocèse de Salford vient de franchir une étape majeure en ouvrant officiellement son procès de béatification. Le diocèse catholique, situé dans le nord-ouest de l'Angleterre, a annoncé l’ouverture de cette procédure concernant ce jeune mancunien "dont la vie de foi et le témoignage continuent d’inspirer de nombreuses personnes". Une démarche qui marque le début d’un examen approfondi de sa vie, de ses écrits et de sa réputation de sainteté avant une éventuelle transmission du dossier au Pape.

Qui est Pedro Ballester ?

Né à Manchester en 1996 dans une famille catholique, Pedro Ballester était connu pour sa "chaleur humaine, sa générosité et son dévouement", rapporte le diocèse de Salford. Passionné par les sciences, il se destinait à une carrière d’ingénieur chimiste. À la fin de son adolescence, il choisit également de consacrer pleinement sa vie à Dieu en rejoignant l’Opus Dei, une organisation catholique fondée en 1928 par le prêtre espagnol Josemaría Escrivá. Le mouvement encourage les fidèles à vivre leur foi dans le quotidien, au travail comme dans la vie ordinaire.

Peu après son entrée à l’université, Pedro apprend qu’il souffre d’un cancer agressif du bassin à un stade avancé. La maladie met brutalement fin à ses études. Selon le diocèse, le jeune homme accueille pourtant cette épreuve "avec une foi remarquable", offrant ses souffrances "pour le pape, l’Église et toutes les âmes", tout en affrontant la maladie avec "une profonde sérénité et une confiance totale en Dieu".

Le 13 janvier 2018, Pedro Ballester meurt à seulement 21 ans. Ses funérailles, célébrées à l’église Holy Name de Manchester par le cardinal Arthur Roche venu spécialement du Vatican, réunissent plus de 500 personnes. Depuis, sa réputation de sainteté n’a cessé de grandir parmi les fidèles. C’est cette dévotion croissante qui a conduit le postulateur de la cause, le père Paul Hayward, à demander officiellement l’ouverture du procès diocésain. Celui-ci doit désormais permettre de recueillir témoignages et documents afin d’évaluer si Pedro Ballester peut être reconnu comme ayant vécu des vertus héroïques.

Le père Joseph Evans, le prêtre qui lui a administré les derniers sacrements, a accueilli l’annonce avec émotion. "Waouh. Je suis ravi d’avoir été témoin de première main du combat héroïque de Pedro durant les six derniers mois de sa vie", a-t-il déclaré à la BBC. "Je pense qu’il peut être un formidable modèle de joie dans l’adversité, particulièrement pour les jeunes", a ajouté le prêtre.

Si le chemin vers la canonisation reste long, l’ouverture de cette cause pourrait faire de Pedro Ballester l’un des tout premiers visages de la génération Z à prendre le chemin de la sainteté.


aleteia

mercredi 27 mai 2026

l’île d’Ouessant lance un appel… au roi Charles III

 

Face à la fermeture de leur église, les habitants d'Ouessant lancent un appel... au roi Charles III

Face à l’urgence, les habitants d'Ouessant tournent désormais leur regard vers le Royaume-Uni, tant l’histoire de l’église Saint-Pol-Aurélien est liée à celle de la couronne britannique.

Fragilisée par des infiltrations et menacée d’effondrement, l’église Saint-Pol-Aurélien d’Ouessant (Finistère) a dû fermer ses portes le 30 avril pour une durée indéterminée. Face à l’ampleur des travaux, les habitants de l’île espèrent désormais une aide venue d’outre-Manche. Une lettre a ainsi été adressée au roi Charles III le 5 mai dernier.

C'est une décision que personne ne voulait imaginer sur l’île d’Ouessant (Finistère). Depuis le 30 avril, les portes de l’église Saint-Pol-Aurélien sont closes. Le maire, David Quantin, a annoncé sa fermeture immédiate et pour une durée indéterminée en raison de "risques sérieux d’effondrement de la charpente". Dans un message publié sur Facebook le 1er mai, l’édile évoque une décision "particulièrement lourde et empreinte de gravité", prise "dans le seul souci de préserver la sécurité de chacun". Lui-même profondément attaché au lieu, il rappelle avoir été enfant de chœur dans cette église durant sa jeunesse. "Je mesure pleinement l’attachement profond que nous portons toutes et tous à ce lieu, au cœur de notre histoire et de notre vie insulaire", écrit-il encore, assurant que toute son équipe est pleinement mobilisée pour faire face à cette situation.

Au fil des années, l’édifice néogothique construit en 1860 s’est lentement dégradé. Les infiltrations d’eau ont fragilisé la toiture et la charpente. Pour certains habitants, la situation n’a donc rien d’une surprise. "Triste d’en arriver là effectivement, mais c’était prévisible. Voir des bâches à la place d’ardoises depuis tant d’années, fallait s’y attendre", déplore Didier. Une expertise technique est désormais en cours afin de mesurer précisément l’état du bâtiment et de chiffrer les travaux nécessaires dont le coût pourrait s'élever à 1,5 million d'euros.  Une souscription a été ouverte sur le site de la Fondation du patrimoine pour tenter de sauver l’édifice, véritable repère spirituel et patrimonial au cœur du bourg. Car au-delà de la foi, l’église fait partie de l’identité même d’Ouessant. "Une commune qui ferme son église, c’est d’une très grande tristesse", déplore Isabelle avec émotion. Guy partage ce sentiment largement répandu sur l’île : "Nous y sommes tous attachés, croyants ou non, elle est le visage de notre Bourg. Croisons les doigts pour que la situation trouve une issue et qu’elle reste debout et soit réouverte comme avant !"

Les liens insulaires avec le Royaume-Uni

Face à l’urgence, certains habitants tournent désormais leur regard vers le Royaume-Uni, tant l’histoire de l'îles d'Ouessant est liée à celle de la couronne britannique. Cette relation remonte notamment à un drame maritime qui a profondément marqué Ouessant. En 1896, le paquebot britannique Drummond Castle fait naufrage au large de l’île dans des conditions terribles. Sur les 243 passagers et membres d’équipage, seuls trois survivants sont secourus par les Ouessantins. Les habitants recueillent également les corps des victimes et leur offrent une sépulture digne, dans un immense élan de solidarité qui bouleverse alors l’Angleterre. En reconnaissance, la reine Victoria finance dès l’année suivante la construction du clocher de l’église et offre un calice encore conservé aujourd’hui dans l’édifice. Depuis, Saint-Pol-Aurélien demeure un symbole discret mais fort des liens entre Ouessant et le Royaume-Uni.

Mardi 5 mai, l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Religieux d’Ouessant a ainsi adressé un courrier officiel au roi Charles III. Dans cette lettre, elle met en avant non seulement les liens historiques entre les deux pays, mais aussi une certaine proximité insulaire entre Ouessant et le Royaume-Uni. L’association rappelle également combien les lieux de culte demeurent, particulièrement dans les territoires isolés, des espaces essentiels de consolation, de rassemblement et de vie communautaire. "Peut-être que le roi Charles se souviendrait de l’aide apportée par la perfide Albion — pas si perfide que ça ?", glisse avec une pointe d’espoir Thibault. Comme lui, à Ouessant, beaucoup refusent encore d’imaginer le silence durable des cloches de Saint-Pol-Aurélien et les idées fusent sur les réseaux sociaux afin de mettre en place des initiatives pour sauver la belle église. 



aleteia

mercredi 20 mai 2026

Nerses Shnorhali, grand «pionnier de l’œcuménisme» de l’Orient chrétien

 





Lors de l’audience accordée ce lundi matin 18 mai à Sa Sainteté Aram Ier, Léon XIV a évoqué l’ancien Catholicos de l’Église arménienne qui vécut au XIIe siècle et qui a récemment été inscrit au Martyrologe romain: un exemple de l’«œcuménisme des saints».


Une grande âme et un esprit polyvalent et prolifique. C’est pour cette raison – et plus particulièrement pour le caractère inspiré et irénique de ses écrits – que ses contemporains l’avaient surnommé «le Gracieux», c’est-à-dire «plein de grâce». Ces qualités sont celles de saint Nersès, l’une des figures les plus anciennes et les plus illustres de l’Église arménienne, que le Pape Léon a évoqué lundi 18 mai, en mentionnant son inscription au Martyrologe romain lors de l’audience accordée à Sa Sainteté Aram Ier, catholicos de l’Église apostolique arménienne – Siège de Cilicie.

Modèle de diplomatie


L’envergure de la personnalité de ce mystique et théologien de l’Orient chrétien – mais aussi poète et compositeur de musique, mort en 1173 – a également été reconnue par l’ONU lorsque l’Unesco l’a inscrit en 2023 au calendrier des anniversaires de personnalités célèbres et d’événements importants de cette année-là, à l’occasion du 850e anniversaire de sa mort.

Il devint catholicos en 1166, et le resta jusqu’à sa mort, sous le nom de Nersès IV. Comme le rappelait Léon XIV, son action fait de lui un pionnier du dialogue entre les Églises chrétiennes, doté d’une capacité d’ouverture œcuménique indissociable d’une profonde humanité et d’une sensibilité pour la cause de la paix, malgré les controverses de son époque, qui firent de lui au fil du temps un exemple de diplomatie dans la résolution des conflits religieux et ethniques.

Le colloque au Vatican de 2023


Toujours en 2023, entre fin novembre et début décembre, saint Nersès a été au centre d’un colloque international au Vatican, organisé par l’Institut pontifical oriental. En présentant cet événement, l’un des organisateurs, Marco Bais, en soulignait les aspects susceptibles d’évoquer des analogies avec deux grands saints occidentaux, François d’Assise et Bernard de Clairvaux. Il alliait, affirmait le professeur Bais, «humilité et dévouement envers les pauvres», qualités qu’il a conservées même une fois parvenu au sommet de son Église, ainsi qu’une «finesse d’analyse théologique et une grande capacité à diriger politiquement son Église», à l’instar du célèbre moine français, son quasi-contemporain.

La Poste vaticane avait également émis, en septembre 2023, un timbre commémoratif pour rendre hommage à «un auteur spirituel original, très versé dans la doctrine de son Église, avec un dévouement total à la passion du Christ».



vatican news

mardi 19 mai 2026

Pourquoi se rapproche-t-on de Dieu avec l’âge ?

 



silencio paz interior



Avec le temps, de nombreuses personnes se rapprochent de Dieu. Entre recul, épreuve et lâcher prise, beaucoup décrivent une évolution intérieure qui conduit à une foi plus profonde. 


Avec l’âge, de nombreuses personnes se tournent vers la foi ou l’approfondissent davantage. Une explication courante et rapide est souvent donnée : les personnes se tourneraient vers Dieu à mesure qu’elles approchent de la mort. Mais la réalité est bien plus nuancée. Avec les années, c’est l’existence entière qui prend une autre profondeur. Les expériences s’accumulent, le regard se transforme et, pour certains, la foi trouve une nouvelle place.

L’importance de la relecture

Avec le temps vient une forme de recul. Ce qui semblait autrefois n’être qu’une succession d’événements dont on ne comprenait pas toujours le sens, commence à révéler une cohérence et une signification plus grande. Une opportunité arrivée au bon moment, une épreuve qui a ouvert un chemin inattendu, une décision difficile devenue décisive… Petit à petit, certains prennent conscience qu’ils n'avançaient pas seuls.

"Aujourd’hui je relis mon histoire autrement, explique Hélène, 51 ans. Des événements que j’avais vécus comme de véritables épreuves m’apparaissent désormais comme des détours nécessaires. Alors que j’avais tout mis en œuvre pour faire aboutir certaines relations ou certains projets, des portes se sont fermées. Avec le recul, j’ai compris que, même si cela avait été douloureux ou déstabilisant sur le moment, Dieu avait permis ces épreuves pour me conduire vers davantage de liberté et de joie, et vers des choix plus justes, plus en accord avec ce que je suis profondément. Aujourd’hui, je mesure à quel point il a pris soin de moi".

Apprendre à lâcher prise 

À mesure que l’on progresse en âge, le désir de tout maîtriser évolue : que ce soit dans son rapport à l’avenir, au travail, aux relations ou aux événements, le besoin de contrôle s’atténue. On comprend que tout ne repose pas sur sa capacité à prévoir, à décider et à construire. De nombreuses situations dépendent non pas de la volonté, mais du choix des autres ou des aléas de la vie. C’est dans cet espace d’incertitude que, pour certains, la foi devient un appui et une aide pour lâcher prise. 

Jean, 54 ans, raconte : "J’ai passé des années à vouloir tout organiser. Aujourd’hui, je comprends que la paix intérieure est venue le jour où j’ai accepté de ne plus tout maîtriser. Ma foi m’aide beaucoup à vivre cela. Je lâche prise, je confie davantage les situations complexes au Seigneur, les tensions avec mes équipes ou avec ma propre famille, et je m’aperçois qu’Il agit véritablement".

Des événements qui rapprochent de Dieu 

Tout au long de la vie, des événements marquants peuvent aussi rapprocher de la foi. Ces expériences touchent souvent à l’intime : pour certains, la naissance d’un enfant peut susciter un sentiment de mystère, de beauté et d’émerveillement tel qu'il ouvre à une réflexion plus profonde sur l’existence de Dieu. Pour d’autres, ce sont des épreuves plus difficiles qui deviennent des occasions de rencontre avec la foi, comme la perte d’un proche ou la maladie.  

C’est le cas de Laurence, 69 ans. En 2002, elle fait une rupture d’anévrisme et tombe dans le coma pendant plusieurs jours. À son réveil, elle est habitée par l’intime conviction que Dieu existe et se sent comme entourée par une bulle d’amour. Depuis, sa vie a été profondément transformée. Son chemin de conversion a entraîné celui de sa famille : son mari et leurs quatre enfants se sont eux aussi rapprochés de Dieu. "Aujourd’hui, Dieu est vraiment ma priorité et il n’y a plus que les autres qui comptent pour moi", affirme-t-elle. "La seule chose qui m’anime, c’est l’amour". 

Au fil des années, la vie, avec ses joies et ses épreuves, devient ainsi un chemin où l’on apprend à voir autrement. Pour beaucoup, c’est précisément cette lente transformation du regard qui les conduit, tout naturellement, vers le Seigneur. 



aleteia

À l’occasion de la venue de Léon XIV

  Crédit : Lilian Cazabet / Hans Lucas via AFP À l’occasion de la venue de Léon XIV à Lourdes fin septembre, l’intégralité des mosaïques de ...