samedi 18 juillet 2026

Le pèlerinage des motards nantais, un rendez-vous qui carbure à la fraternité

 


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Les motards nantais reprennent la route de la sixième édition de leur pèlerinage ce 13 juin. Olivier Huc, co-organisateur de l’événement, partage auprès d'Aleteia les rouages de ce rendez-vous devenu incontournable pour de nombreux passionnés de deux-roues et fidèles de la région. Un pèlerinage où chacun peut se retrouver dans le partage, le recueillement et la convivialité.

Des dizaines de motards, de belles bécanes et des kilomètres parcourus dans la foi et la bonne humeur ! Ce 13 juin, les motards nantais reprennent la route pour la sixième édition de leur pèlerinage "Pele des Motards des Paroisses de Nantes", un rendez-vous incontournable pour de nombreux passionnés de deux-roues et fidèles de la région. À l’origine de l’événement, une rencontre anodine entre Olivier Huc et le père Loïc Le Huen. "On s’est retrouvés à la cure et, en sortant, j’ai aperçu son side-car sous le porche. Je lui ai lancé : “Tiens, tu fais de la moto ?”, il m’a répondu : “Bah ouais.” Je lui ai dit : “Il faudra aller faire une virée un jour.” Quelques jours plus tard, j’apprenais presque par hasard que j’étais missionné pour organiser un pèlerinage de motards", raconte Olivier Huc à Aleteia. Depuis, l’initiative a largement dépassé le cercle de ses débuts. D’année en année, le pèlerinage attire de nouveaux participants, parfois éloignés des pratiques religieuses. "L’objectif, c’est de faire venir auprès du Bon Dieu des gars qui ne seraient pas nécessairement tous des piliers de l’Église", explique le co-organisateur.

Figure centrale du pèlerinage, le père Loïc Le Huen participe à chaque édition sur sa propre moto, reconnaissable à la grande croix fixée à son side-car. Sa présence sur la route incarne l’esprit de l’événement : proximité, simplicité et accessibilité. Il est surnommé avec humour par Olivier Huc le "curé iPad", en référence à ses homélies lues sur tablette. Très présent sur les réseaux sociaux, il anime une communauté active et incarne une manière moderne et connectée de vivre le ministère.

Entre spiritualité et moments de partage

Comme les années précédentes, le départ est donné devant l’église Saint-Nicolas ou celle de Saint-Donatien, après la bénédiction des motos. Les participants prennent ensuite la direction des routes départementales pour une journée ponctuée d’étapes culturelles, de temps d’échange et de recueillement.

Pour cette sixième édition, le thème retenu est celui de la Résistance. Le parcours conduit les participants dans le nord de la Loire-Atlantique, autour de Châteaubriant, avec notamment une étape à la Carrière des Fusillés, lieu de mémoire où furent exécutés 27 otages en 1941. Une halte symbolique qui donnera une dimension particulière à cette journée. Au-delà du trajet, les organisateurs souhaitent faire de ce rendez-vous un moment de réflexion et de partage. "Sur une moto, on prend le temps de contempler et de prier en silence", confie Olivier Huc. Une manière différente de vivre sa foi, dans un cadre qui favorise autant les rencontres que l’introspection.

Et comme l’esprit du pèlerinage repose avant tout sur la convivialité et l’envie de vivre un moment collectif hors du quotidien, l’événement se veut ouvert à tous : motards expérimentés, amateurs, croyants pratiquants ou simples curieux. "On dit souvent : ‘partir marcheur et revenir pèlerin’. Avec la moto, c’est un peu pareil : on part motard, mais peut-être qu’on peut revenir saint", sourit le co-organisateur.

Une sixième édition qui s’annonce donc comme un temps fort pour la communauté chrétienne nantaise et pour tous les amateurs de deux-roues attachés à cet esprit de rencontre !


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Dans les Hautes-Alpes, l’église Saint-Marin ressuscite après 40 années de fermeture

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Église Saint Martin de Villar d'Arène, dans les Hautes-Alpes.


Pendant 40 ans, l'église Saint-Martin de Villar-d'Arêne, dans les Hautes-Alpes, est restée fermée, menacée de démolition. Mais 1.500 donateurs, une association déterminée et une équipe de dix bénévoles ont refusé de laisser mourir ce patrimoine sacré. Ce dimanche 12 juillet, cette église néogothique rouvre ses portes, incarnant la persévérance face aux défis.

Sur la place du petit village de Villar-d'Arêne, au cœur du massif des Écrins, le clocher néogothique de l'église Saint-Martin de Tours défie les cimes. Un phare montagnard niché à 1.650 mètres d'altitude, pourtant fermé depuis 40 ans. Mais bonne nouvelle, l'église rouvrira ses portes ce dimanche 12 juillet après plus de dix années de travaux, la mobilisation inédite de 1.500 donateurs et la persévérance de nombreux bénévoles. Une cérémonie au cours de laquelle Mgr Xavier Malle, évêque de Gap et d'Embrun, bénira les travaux et redonnera officiellement l'église au culte. Un événement très attendu parmi les quelques fidèles de cette commune d'à peine 330 habitants.

Quarante ans de fermeture

Inaugurée en 1870, l'église est contrainte de fermer ses portes en 1986, du fait de la dégradation générale de son état. De nombreuses fissures sont constatées par les paroissiens, l'air s'engouffre et, avec la baisse de la pratique religieuse, les paroissiens cessent progressivement de s'y rendre pour la messe. D'autant qu'une chapelle se trouvant à quelques encablures de là, plus confortable que l'église, fait déjà office de lieu de culte pour les fidèles. Pendant près de 40 ans, Saint-Martin de Tours sert d'entrepôt pour le village. "La fermeture officielle date de 1996. Pendant vingt ans, elle fait office de grand local pour la commune", explique Anne-Marie Martin, présidente de l’association des Amis de l’église, créée en 1995. La messe semble dite.

Mobilisation d'acteurs publics et privés

Mais c'est sans compter l'arrivée du père Jean-Pierre Mollon à Villar-d'Arêne, dans les années 2000. Choqué de la manière dont le lieu de culte est utilisé, il prend les choses en main avec l'association des Amis de la paroisse. Comment alors une longue lutte pour sauver l'église. "Dans les années 2000, l'édifice a frôlé la démolition. Mais elle coûtait trop cher à la commune", confie Anne-Marie. À partir de 2015, toutes les solutions pour récolter des subventions sont écumées par l'association : concours, dossiers... Les bénévoles se démènent pour trouver des fonds et un grand nombre d'acteurs, privés comme publics, se mobilisent. La région apporte 40% du budget nécessaire, le département 15%. L'église est construite en terrain instable, les fondations sont donc ceinturées. Le clocher voit ses vitraux rapidement refaits. 440.000 euros sont collectés pour la première phase de travaux, même chose pour la deuxième. Au total, ce sont plus de 1.500 donateurs, dont des Suisses et des Belges, qui permettent la réfection du mobilier de l'église. Le diocèse aussi contribue grandement en finançant par exemple des lustres chauffants. "Mgr Malle a été un soutien de la première heure, souligne Anne-Marie. On disait que c'était la seule église fermée du diocèse et comme il venait de Tours, ça a attiré son attention. Il est plusieurs fois venu nous voir. Ce fut une aide morale importante."

Mais ce projet est loin de faire l'unanimité parmi les habitants du village. Plusieurs maires s'opposent à sa réfection. "Pourquoi donc mobiliser autant d'argent pour une église aussi grande - 290 places - mais si peu de fidèles ? Voilà ce que beaucoup nous disaient", relève le père Jean-Pierre Mollon, curé de l'église. Les fidèles se réunissant pour la messe du dimanche à Villar-d'Arêne ne sont en effet qu'une dizaine. Un chiffre qui s'élève à une trentaine pendant les vacances, lorsque les touristes affluent.

Un lieu de vie, au-delà du culte

Aujourd'hui, l'église retrouve sa vocation. "Au niveau architectural, c'est un phare. Elle est en pierres du pays, c'est un repère pour les gens !", lance le père Mollon. Et Anne-Marie d'abonder : "Elle incarne la force et la paix des églises de montagne : un havre de repos et de fraîcheur l'été pour les randonneurs. C'est aussi un musée gratuit à ciel ouvert." L'association souligne l'engagement fort des paroissiens dans la réfection. "Les fidèles de l'époque ont cassé leur tirelire pour les autels majeurs, les statues, les confessionnaux... C'est émouvant pour eux aujourd'hui de voir cette église qui a connu les mariages et les baptêmes de leurs familles reprendre vie." Un bâtiment qui sera également destiné à accueillir des événements culturels divers. "Le but est d'en faire un lieu de vie, au-delà du culte. On a déjà de multiples projets, comme le concert qui sera donné par quinze musiciens, ce dimanche, pour la réouverture." Un livre retraçant l'histoire de la réfection de l'église sera également disponible à la vente.

Les quarante années de fermeture de l'église Saint-Martin de Villar-d'Arêne se seront finalement achevées par la renaissance d'un édifice condamné à la démolition. Une histoire de "patience" et d'"espérance", comme le résume Anne-Marie, à laquelle "personne ne croyait au départ". Mais dans les grands moments de doute, quand les voix des opposants se faisaient trop entendre, les bénévoles trouvaient refuge dans la prière. Anne-Marie l'assure, "quand on avait un coup de mou, Saint Martin n'était jamais loin !" Une réouverture qui incitera peut-être d'autres villages à unir leurs forces pour sauver leurs églises en péril.


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