
Crédit : Lilian Cazabet / Hans Lucas via AFP
À l’occasion de la venue de Léon XIV à Lourdes fin septembre, l’intégralité des mosaïques de Rupnik qui ornent la façade de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire seront recouvertes, a indiqué Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, à "La Nouvelle République des Pyrénées". Une mesure qui se prolongera après le départ du Pape.
La venue de Léon XIV à Lourdes, fin septembre, va entraîner un changement de taille dans le paysage du sanctuaire. Lorsque le Pape découvrira la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, les imposantes mosaïques de Rupnik qui habillent sa façade ne seront plus visibles. L’ensemble sera recouvert et décoré spécialement à l’occasion de ce voyage apostolique, a annoncé Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, à La Nouvelle République des Pyrénées. "La venue du Saint-Père à Lourdes est l’occasion de faire un pas de plus sur le sujet, affirme Mgr Micas. Toutes les œuvres de la façade seront recouvertes puis décorées en lien avec le voyage apostolique de Léon XIV."
Surtout, ce changement ne sera pas limité aux quelques jours de présence du souverain pontife. Mgr Micas indique clairement que les œuvres ne seront pas dévoilées une fois Léon XIV reparti. "Les mosaïques resteront couvertes après le pèlerinage du Saint-Père, à l’issue duquel une nouvelle réflexion va être lancée. La commission actuelle sera élargie, en mêlant notamment des artistes et des théologiens, afin de réfléchir au devenir de la façade de la basilique."
L’accueil des victimes au cœur de la décision
Derrière cette décision se trouve un dossier douloureux qui occupe le sanctuaire depuis plusieurs années. Ces mosaïques ont été réalisées en 2008, à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions, par Marko Rupnik et son atelier. Le prêtre et mosaïste slovène de renommée internationale est accusé par de nombreuses femmes, principalement des religieuses, d’abus sexuels, spirituels et psychologiques commis à partir des années 1990. Sous enquête canonique, il a été définitivement exclu de la Compagnie de Jésus en juillet 2023. Il a par ailleurs été interdit de toute activité artistique publique.
La présence de ses œuvres dans un sanctuaire qui accueille chaque année des millions de pèlerins, parmi lesquels de nombreuses personnes fragiles et blessées, est devenue particulièrement sensible. "Mon rôle est de veiller à ce que le Sanctuaire accueille tout le monde, et tout particulièrement ceux qui souffrent", explique Mgr Micas. "Parmi eux, il y a des personnes victimes d’abus et d’agressions sexuelles, enfants comme adultes. Or, depuis les révélations des graves accusations visant le père Marko Rupnik, il est devenu difficile, voire impossible, pour ces victimes de venir..." Pour l’évêque, la vocation même de Lourdes impose de placer ces personnes au premier plan : "Les personnes éprouvées et blessées qui ont besoin de consolation et de réparation doivent garder la première place à Lourdes. C’est la grâce propre de ce Sanctuaire : rien ne doit les empêcher de répondre au message de Notre-Dame invitant à y venir en pèlerinage."
Une réflexion engagée depuis 2023
La décision annoncée à l’approche de la visite de Léon XIV constitue une nouvelle étape d’un processus engagé en 2023, avec la création d’une commission chargée de réfléchir au devenir des mosaïques. À l’été 2024, Mgr Micas avait décidé de ne plus les mettre en valeur par les jeux de lumière de la procession mariale du soir. En mars 2025, celles situées sur les portes d’entrée de la basilique avaient ensuite été recouvertes.
Avec la visite du Pape, c’est désormais toute la façade qui disparaîtra des regards. Un choix auquel Mgr Micas donne une portée qui dépasse le seul cas de l’artiste slovène : "Des œuvres de Rupnik, il y en a de partout dans le monde, et des bien plus grandes, conclut Mgr Micas. Pourtant, on ne parle que de celles de Lourdes... Cela souligne la dimension symbolique du message de Lourdes par rapport aux victimes de violences sexuelles. Et nous donne ainsi une responsabilité uni.
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