jeudi 10 septembre 2026

À l’occasion de la venue de Léon XIV

 




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Crédit : Lilian Cazabet / Hans Lucas via AFP


À l’occasion de la venue de Léon XIV à Lourdes fin septembre, l’intégralité des mosaïques de Rupnik qui ornent la façade de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire seront recouvertes, a indiqué Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, à "La Nouvelle République des Pyrénées". Une mesure qui se prolongera après le départ du Pape.

La venue de Léon XIV à Lourdes, fin septembre, va entraîner un changement de taille dans le paysage du sanctuaire. Lorsque le Pape découvrira la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, les imposantes mosaïques de Rupnik qui habillent sa façade ne seront plus visibles. L’ensemble sera recouvert et décoré spécialement à l’occasion de ce voyage apostolique, a annoncé Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, à La Nouvelle République des Pyrénées. "La venue du Saint-Père à Lourdes est l’occasion de faire un pas de plus sur le sujet, affirme Mgr Micas. Toutes les œuvres de la façade seront recouvertes puis décorées en lien avec le voyage apostolique de Léon XIV."

Surtout, ce changement ne sera pas limité aux quelques jours de présence du souverain pontife. Mgr Micas indique clairement que les œuvres ne seront pas dévoilées une fois Léon XIV reparti. "Les mosaïques resteront couvertes après le pèlerinage du Saint-Père, à l’issue duquel une nouvelle réflexion va être lancée. La commission actuelle sera élargie, en mêlant notamment des artistes et des théologiens, afin de réfléchir au devenir de la façade de la basilique."

L’accueil des victimes au cœur de la décision

Derrière cette décision se trouve un dossier douloureux qui occupe le sanctuaire depuis plusieurs années. Ces mosaïques ont été réalisées en 2008, à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions, par Marko Rupnik et son atelier. Le prêtre et mosaïste slovène de renommée internationale est accusé par de nombreuses femmes, principalement des religieuses, d’abus sexuels, spirituels et psychologiques commis à partir des années 1990. Sous enquête canonique, il a été définitivement exclu de la Compagnie de Jésus en juillet 2023. Il a par ailleurs été interdit de toute activité artistique publique.

La présence de ses œuvres dans un sanctuaire qui accueille chaque année des millions de pèlerins, parmi lesquels de nombreuses personnes fragiles et blessées, est devenue particulièrement sensible. "Mon rôle est de veiller à ce que le Sanctuaire accueille tout le monde, et tout particulièrement ceux qui souffrent", explique Mgr Micas. "Parmi eux, il y a des personnes victimes d’abus et d’agressions sexuelles, enfants comme adultes. Or, depuis les révélations des graves accusations visant le père Marko Rupnik, il est devenu difficile, voire impossible, pour ces victimes de venir..." Pour l’évêque, la vocation même de Lourdes impose de placer ces personnes au premier plan : "Les personnes éprouvées et blessées qui ont besoin de consolation et de réparation doivent garder la première place à Lourdes. C’est la grâce propre de ce Sanctuaire : rien ne doit les empêcher de répondre au message de Notre-Dame invitant à y venir en pèlerinage."

Une réflexion engagée depuis 2023

La décision annoncée à l’approche de la visite de Léon XIV constitue une nouvelle étape d’un processus engagé en 2023, avec la création d’une commission chargée de réfléchir au devenir des mosaïques. À l’été 2024, Mgr Micas avait décidé de ne plus les mettre en valeur par les jeux de lumière de la procession mariale du soir. En mars 2025, celles situées sur les portes d’entrée de la basilique avaient ensuite été recouvertes.

Avec la visite du Pape, c’est désormais toute la façade qui disparaîtra des regards. Un choix auquel Mgr Micas donne une portée qui dépasse le seul cas de l’artiste slovène : "Des œuvres de Rupnik, il y en a de partout dans le monde, et des bien plus grandes, conclut Mgr Micas. Pourtant, on ne parle que de celles de Lourdes... Cela souligne la dimension symbolique du message de Lourdes par rapport aux victimes de violences sexuelles. Et nous donne ainsi une responsabilité uni.

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vendredi 21 août 2026

Pourquoi les jésuites fascinent toujours autant ?

 

Święty Ignacy z Loyoli

Crédit : Wikimedia Commons | domena publiczna

Ils sont aujourd’hui 17.000, dans le monde entier. Les jésuites, nés en 1534, sont les disciples d’Ignace de Loyola. Fêté chaque année le 31 juillet par l’Église, ce chevalier créa un ordre intellectuel et missionnaire, qui donna beaucoup de saints mais suscita de nombreuses controverses, au point d’être supprimé puis rétabli. Une histoire que retrace volontiers Jean-Paul Bled, historien, pour Aleteia.<br>

Il y a un an, le premier pape jésuite de l’histoire mourait. Dès son élection, le 13 mars 2013, cette origine religieuse de Jorge Bergoglio, devenu François, fut mise en avant par les commentateurs. L’ordre, créé par Ignace de Loyola en 1534, a effectivement la particularité de charrier, encore aujourd’hui, une certaine réputation, pas toujours méritée d’ailleurs. Dans le langage plus ou moins courant, "être un jésuite" n’est pas un compliment. C’est le signe d’une capacité à toujours s’en sortir, à tenir ensemble des contraires. Dans son Histoire des jésuites publiée, l’historien Jean-Paul Bled retrace cinq siècles de gloire et de rejet, faisant voyager le lecteur dans le monde entier puisque l’ordre à deux particularités selon l’auteur : la mission, et “la tradition de l’ouverture aux autres”. Une lecture qui permet de mieux comprendre ce que notre monde doit à la Compagnie de Jésus. 

 Au fond, qu’est-ce qu’un jésuite ?


Jean-Paul Bled :
Je vois deux choses. La compagnie de Jésus est premièrement un ordre missionnaire, et quand on dit missionnaire, ce n’est pas simplement pour les terres lointaines, hors d’Europe, mais également en Europe qui était une terre de mission contre le protestantisme. Par exemple, l’Autriche est aujourd’hui un pays catholique mais, avant que les jésuites parviennent à Vienne, le pays était quasiment entièrement protestant. Il a fallu que la dynastie des Habsbourg reste fidèle au catholicisme et appelle les jésuites pour qu’elle le demeure. Deuxièmement, il y a chez eux la tradition de l’ouverture à l’autre, aux autres sociétés. Un souci continu jusqu’à maintenant et jusqu’aux choix du pape François.

Son influence jusqu’à aujourd’hui a été fondamentale parce que c’est un ordre missionnaire, une vocation fixée dès l’origine.

"Les jésuites ont façonné le monde tel que nous le connaissons" dites-vous, pourquoi ?


D’abord, c’est un ordre parmi d’autres mais avec une première spécificité fondamentale : il est dans le monde, à la différence des ordres contemplatifs. Et puis son influence jusqu’à aujourd’hui a été fondamentale parce que c’est un ordre missionnaire, une vocation fixée dès l’origine. Le futur saint François-Xavier est aussitôt parti pour l’Asie, et ce ne fut qu’un point de départ. Les missions ont ensuite prospéré, pas seulement en Inde, au Japon ou en Chine, mais aussi dans les Amériques. Cela s’explique ensuite parce que les jésuites ont occupé des fonctions de premier plan dans la plupart des États catholiques jusqu’au XVIIIe siècle. Certains, comme le père Lachaise avec Louis XIV, furent les confesseurs des rois.

Est-ce cette connivence avec le pouvoir qui est à l’origine de leur réputation ?


Le phénomène corrélatif à l’importance de l’ordre est effectivement l’existence d’un courant opposé qui marque par sa constance. S’il prend des formes diverses de plus ou moins grande qualité, les Provinciales de Blaise Pascal étant l’exemple de la plus haute qualité, une thèse est invariablement reprise : les jésuites sont avides de pouvoir. Cependant, la proximité avec les rois n’est pas contradictoire avec le souci de la mission. Il faut admettre les situations de l’époque. Le système monarchique est un état de fait, et les jésuites ne sont pas des révolutionnaires et ne cherchent pas à abattre l’ordre en place. Le système monarchique a disparu mais, aussi longtemps qu’il a prévalu, il n’est pas illogique qu’ils s’insèrent dans ce système.

En théologie, les jésuites ont été les avocats permanents de la liberté de l’homme par rapport à des théologies de la prédestination (calvinisme, jansénisme), un point essentiel de la doctrine catholique.

N’y a-t-il que la proximité des puissants qui explique que leur héritage soit encore réel ?


Non, bien sûr. Il faut parler de leur rôle d’enseignant. Ce n’est pas leur vocation initiale, ce n’était pas envisagé par Ignace mais il fut sollicité et se rallie à l’idée, et les collèges prospèrent dans toute l’Europe et dans les terres de mission. Cela marque les sociétés d’une très forte empreinte, qui se perpétue jusqu’à ce jour malgré la diminution du nombre de collèges par rapport à la floraison de l’Ancien régime. Ils ont créé un type d’enseignement qui a demeuré même si nous n’avons pas été leurs élèves. Je pense au rôle fondamental des humanités, qui a formé des générations d’élèves à travers l’espace et le temps. C’est un héritage essentiel : ils ont forgé notre mode de pensée. En théologie, les jésuites ont été les avocats permanents de la liberté de l’homme par rapport à des théologies de la prédestination (calvinisme, jansénisme), un point essentiel de la doctrine catholique.

Forte singularité de la Compagnie de Jésus : sa suppression par le pape en 1773. Comment expliquer ce fait ?


Plusieurs facteurs se conjuguent : l’influence des philosophes, peut-être, même si ça n’a pas eu d’effet sur le Saint-Siège. Mais, en revanche, après 1750, il existe un mouvement de détachement des monarchies catholiques à l’égard des jésuites, qui commence au Portugal et s’étend à la France de Louis XV, à l’Espagne. Les monarchies décident de les expulser. De manière surprenante, le détachement exista aussi en Autriche où l’impératrice Marie-Thérèse avait pourtant été leur élève. Elle se retourne contre eux sous l’influence des jansénistes (son médecin personnel l’était). Sans les expulser, elle ne les défend pas. Cette rupture des monarchies catholiques finit par contraindre le pape Clément XIV à décider de la dissolution, à cause des pressions extrêmement fortes des pouvoirs royaux et avec l’influence de l’esprit du temps. Dans le cas de Pombal, qui dirige le Portugal, c’est tout à fait clair. Au fond, les monarques et leurs conseillers en viennent à considérer que la place des jésuites est exagérée. Le phénomène est lent, avec des forces profondes.

Ils ont un quatrième vœu, d’obéissance au Pape, qui les démarque des autres religieux.

Au XIXe siècle les jésuites sont associés à l’intransigeance, au XXIe plutôt à l’engagement social, l’ordre a-t-il changé ?


Dans un monde éloigné du nôtre, les jésuites eurent en effet une proximité avec les idées contre-révolutionnaires et conservatrices. Les choses évoluent dès le début du XXe siècle avec le phénomène du renouveau théologique auquel un certain nombre de grandes figures jésuites françaises ont été associées, par exemple Henri de Lubac, Jean Daniélou ou Pierre Teilhard de Chardin malgré sa condamnation. Dans cette ligne progressiste, si l’on peut dire, on peut ajouter le positionnement des jésuites à l’égard des totalitarismes. Ils furent très présents dans la résistance au nazisme et nombre d’entre eux, en Allemagne, furent condamnés et fusillés. En France, les membres de la Compagnie de Jésus s’opposent au régime de Vichy, avec les pères Chaillet ou Fessard. En fait, leur évolution suit celle du Saint-Siège. Rappelons-nous qu’ils ont un quatrième vœu, d’obéissance au Pape, qui les démarque des autres religieux. Il y a nécessairement un parallélisme entre les positions du pape et celles des jésuites, même s’il y a eu une crise très forte au XXe avec le généralat de Pedro Arupe qui soutint la théologie de la libération combattue par Jean Paul II. Aujourd’hui, le rapport est sans tâche.

Même s’ils sont parfois considérés comme marqués à gauche…


Il y a une forte continuité historique sur le point déjà évoqué de l’ouverture aux autres, jusqu’à aujourd’hui. Quand on regarde leur attitude vis-à-vis des populations autochtones, leur souci de comprendre l’autre, sa culture qui ont pu conduire à attitudes très fortes. Citons l’affaire des rites, en Chine, au XVIIe siècle, et le jésuite Matteo Ricci qui chercha à lier catholicisme et héritage confucéen. Le pape François lui-même a eu une carrière latino-américaine mais il aurait souhaité partir en mission au Japon. Cela lui fut refusé à cause de son état de santé fragile. C’est très significatif de cette permanence de ce comportement des jésuites. Partout où ils sont présents, ils apprennent les langues des autochtones.

Élection du pape François, procès en béatification du théologien jésuite Henri de Lubac ouvert en 2023… le signe d’un retour en grâce ?


C’est une grande question, je pense que cela renvoie à ce que j’ai dit : il y a chez les jésuites, le père de Lubac en est un exemple, cet esprit d’ouverture à l’autre qui est un des fondements du christianisme et aussi cette idée que l’apostolat est une expression de la charité, et je pense au pape François. Les jésuites ont quelque chose à dire au monde d’aujourd’hui en ce sens.

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mercredi 12 août 2026

La fascinante énigme de la reine de Saba

 


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Crédit : Domaine public

"Salomon et la reine de Saba", par Piero della Francesca.

Entre légende et réalité, les multiples récits concernant la reine de Saba invitent le croyant à réfléchir sur son propre rapport à la grandeur divine. Marchons sur les pas de celle qui sut ouvrir son cœur à Dieu malgré toutes ses richesses et sa beauté…

C'est au Livre des Rois que nous pourrons trouver la première référence à un personnage aussi mystérieux qu’appelé à une longue destinée, à savoir la reine de Saba, régnant sur la riche Arabie du Sud et sur les terres au nord de l’actuelle Ethiopie. Légende pour certains, personnage ayant réellement existé pour d’autres, la reine de Saba appartient incontestablement au domaine de la foi pour les chrétiens, et même plus pour les Ethiopiens qui la nomment Makedo et la revendiquent comme fondatrice de la dynastie des Négus, souverains jusqu’à Hailé Sélassié au XXe siècle.

La Bible nous apprend que la reine de Saba, réputée pour sa beauté et l’immensité de ses richesses, avait été interpellée par la réputation de Salomon, connu en effet pour sa proverbiale sagesse. Celle qui possédait tout, se devait d’aller voir qui pouvait encore rivaliser avec elle… C’est ainsi qu’elle se mit en marche avec sa suite en un long voyage de Saba à Jérusalem dont la Bible nous livre le récit détaillé : "Elle arriva à Jérusalem avec une escorte imposante : des chameaux chargés d’aromates et d’une énorme quantité d’or et de pierres précieuses" (1R 10, 1-13).

Le texte précise que la reine fit présenter au roi deux cent vingt lingots d’or, sans oublier les aromates et les pierres les plus précieuses, ainsi que du bois de santal pour l’édification du Temple et d’autres instruments de musique. Que pouvait dès lors en retour offrir le roi Salomon face à une telle surabondance de richesses et de splendeurs que nul n’avait vue jusqu’alors et ne verrait après, souligne la Bible ? 

Après que le roi Salomon eut répondu à toutes les questions et autres énigmes qu’avait préparées la reine, cette dernière proclama cette confession de foi passée à la postérité : "Béni soit le Seigneur ton Dieu, qui t’a montré sa bienveillance en te plaçant sur le trône d’Israël. Parce que le Seigneur aime Israël pour toujours, il t’a établi roi pour exercer le droit et la justice" (1R 10,9). 

La reine païenne reconnut ainsi, non seulement la sagesse proverbiale de Salomon, mais également l’origine de cette renommée, à savoir le Dieu d’Israël. Le Nouveau Testament dans l’évangile de Luc confirme également cet évènement : "Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon".

Une reine légendaire

Si le judaïsme, le christianisme, et l’islam qui la nomme Balkis, reconnaissent la reine de Saba comme une reine incontournable, la culture a su également se saisir très tôt de ce merveilleux personnage. La légende voudrait ainsi que la reine de Saba se soit unie au roi Salomon et qu’ils aient eu un enfant, symbole de la conversion de la reine à la foi en un Dieu unique. Cette femme décidément enchanteresse sera appelée Sibylla par les Grecs et Regina Sibilla dans l’Occident médiéval, et sera même associée à la reine Pédauque, représentée sur les portails de nombreuses églises.

Des fouilles archéologiques ont même été menées au siècle passé jusqu’en 2008 par des archéologues de l’université de Hambourg, chacune de ces missions pensant avoir trouvé le palais de la légendaire souveraine…

Une reine biblique devenue une icône

Au-delà de ces recherches archéologiques, il demeure que la reine de Saba est devenue depuis des siècles un personnage mythique incontestable, dont la réalité est gravée définitivement dans la pierre des églises, tout autant que sur les toiles des plus grands maîtres de la peinture. Il suffira pour s’en convaincre d’apprécier la délicatesse de cette rencontre de la reine et de Salomon par Piero della Francesca au XVe siècle ou encore d’admirer les détails de cet embarquement de la reine évoqué par Claude Lorrain au XVIIe siècle Le compositeur Charles Gounod au XIXe siècle lui a même consacré un opéra entier "La Reine de Saba". De même, cette envoûtante reine a également su inspirer écrivains et penseurs du XXe siècle, on songe à Romain Gary ou encore à Malraux qui n’hésita pas à partir en avion chercher le Royaume de la reine de Saba au péril, selon son récit, de sa vie… Soulignons encore le 7e art qui a immortalisé définitivement la souveraine sous les traits de la comédienne Gina Lollobrigida dans le film Salomon et la Reine de Saba de King Vidor en 1959, signe que la reine de Saba n’a pas fini de faire parler d’elle...


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Trois saints qui ont mis la sainteté dans la cuisine

 


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Crédit : Image by Daniel Esparza | Sora

Dès ce soir, en vous mettant aux fourneaux, n’oubliez pas : votre travail s'inscrit dans une longue tradition de saints qui ont su apporter de la sainteté dans la cuisine. À méditer tout en laissant mijoter ! 

Aussi modeste soit-elle, la cuisine a toujours été un lieu où la foi et la vie quotidienne se rencontrent. Préparer un repas peut être un acte de service, d'hospitalité, voire de prière. Certains saints sont même connus non seulement pour leur sainteté, mais aussi pour leur talent culinaire, eux qui arrivaient à transformer des repas ordinaires en moments de grâce. Voici trois saints qui vont vous inspirer pendant que vous laissez mijoter. 

Sainte Marthe

Dans les Évangiles, Marthe de Béthanie est décrite comme s'affairant à servir tandis que sa sœur Marie écoute Jésus (Luc 10, 38-42). On se souvient parfois injustement d'elle uniquement pour son inquiétude, mais la tradition l'honore comme une femme de charité pratique. Marthe cuisinait non seulement pour sa famille, mais aussi pour le Christ lui-même, le servant avec le meilleur de ce qu'elle avait. Le Catéchisme nous rappelle ainsi que "la prière et la vie chrétienne sont inséparables" (CEC 2745), et Marthe nous montre que même le travail de préparation d'un repas peut être une prière en action.

Saint Laurent

Laurent, diacre à Rome au IIIe siècle, est célèbre pour sa charité : il prenait soin des pauvres et les présentait comme les véritables trésors de l'Église. Il est également le saint patron des cuisiniers et des chefs. Ce lien vient de son martyre : la tradition raconte qu'il fut rôti sur un gril et qu'avec un courage remarquable, il lança à ses bourreaux : "Retournez-moi, je suis cuit de ce côté". C’est pourquoi il est devenu l’intercesseur très apprécié de ceux qui travaillent dans les cuisines et devant les fourneaux. Si l'on se souvient de son humour, son héritage plus profond réside dans le fait d'avoir nourri les affamés et d'avoir nourri la foi des autres.

Sainte Hildegarde de Bingen

Au XIIe siècle, l'abbesse bénédictine Hildegarde de Bingen a beaucoup écrit sur les propriétés curatives des aliments. Pour elle, cuisiner n'était pas seulement une question de subsistance, mais aussi de prendre soin à la fois du corps et de l'âme. Elle recommandait le pain d'épeautre, les herbes et même les biscuits à la noix de muscade, à la cannelle et au clou de girofle pour fortifier l'esprit. Les boulangers modernes reprennent parfois ses recettes, et ses idées anticipent l'intérêt actuel pour la nutrition holistique. Hildegarde nous montre comment la nourriture peut être un don de la création, destiné à être reçu avec gratitude et partagé avec sagesse.

La cuisine comme acte de foi

L'exemple de ces trois saints rappelle que la sainteté n'est pas réservée aux chapelles et aux cloîtres. Elle peut naître dans la vapeur d'une marmite ou dans le crépitement du pain dans le four. Qu'il s'agisse de nourrir directement le Christ, de servir les pauvres ou d'étudier le pouvoir curatif des aliments, chaque saint révèle que la cuisine est plus qu'une corvée : c'est un ministère de soins, de communauté et de joie. Ainsi lorsque nous cuisinons pour les autres, nous faisons écho aux témoignages de ces saints. Un simple repas partagé avec la famille, des amis ou un inconnu peut transmettre la chaleur de l'amour de Dieu. Et comme le disait sainte Hildegarde, la cuisine elle-même peut être un lieu de viriditas, son mot pour désigner le pouvoir verdoyant et vivifiant de Dieu. Alors tous en cuisine ! 


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lundi 10 août 2026

Incendie dans le Var : frayeur au sanctuaire de Cotignac

 


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Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac (Var) encerclé par la fumée de l'incendie, 23 juillet 2026.

Alors que le sanctuaire Notre-Dame de Grâces semblait hors de danger, l'incendie qui ravage le Var depuis le 21 juillet a repris avec violence. Tandis que les habitants de Cotignac ont été appelés à évacuer le frère Vincent, recteur du sanctuaire, a lancé un appel pressant à la prière. Plus tard dans la soirée il s'est montré prudent mais rassurant, indiquant que la situation semblait s'être calmée et que le vent était tombé.

Le répit n'aura été que de courte durée. Après une première nuit d'angoisse du 21 au 22 juillet, marquée par l'évacuation du sanctuaire Notre-Dame de Grâces et du monastère Saint-Joseph du Bessillon, le soulagement semblait enfin avoir gagné Cotignac. Les flammes, qui avaient parcouru plus de 2.500 hectares dans le Var, avaient finalement été stoppées aux portes du sanctuaire grâce à l'engagement exceptionnel des sapeurs-pompiers et aux importants travaux de débroussaillage réalisés ces dernières années autour du site. Mais la situation a brutalement basculé ce jeudi 23 juillet. Le feu a repris avec force et la situation est à nouveau extrêmement préoccupante. Les habitants de Cotignac ont été appelés à évacuer, les flammes étant descendue en direction du village.

Dans une vidéo, le frère Vincent, recteur du sanctuaire Notre-Dame de Grâces, a dans la foulée lancé un appel bouleversant à la prière : "Le sanctuaire est en danger. Le feu a repris. Nous avons vu des flammes partir des pins qui sont sous l'escalier Louis XIV et dans ces environs. Je vous invite à prier pour nous et pour les pompiers, pour tous les habitants de Cotignac qui sont en danger, car le feu descend sur le village."

Plus tard dans la soirée, il s'est montré prudent mais rassurant. "J’ai l’impression que tout s’est calmé. Le vent est tombé. C’était une ajournée compliquée car le vent a attisé plusieurs foyers sur le massif", a-t-il indiqué. "De là où je suis, à 2 km du village vers Entrecasteaux, je vois l’église toujours debout et les pins devant l’église, ainsi que les cyprès en haut de l’escalier Louis XIV, toujours debout aussi. J’en conclus que le feu était dessous, jusqu’au village. On en saura plus demain matin." Avant de conclure : "Merci pour vos prières."


Après deux vagues d'incendie qui ont menacé le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac, dans le Var, fin juillet, le frère Vincent accueille avec soulagement la fin des feux et invite les fidèles à rendre grâce. "Nous avons beaucoup de choses à réparer, mais nous allons pouvoir accueillir les pèlerins. Nous sommes dans l'action de grâce".

Deux fois en trois jours, les flammes ont frôlé le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac, dans le Var. Pour la seconde fois, le site marial a été épargné. Après une violente reprise de l'incendie le 23 juillet, la situation s'est stabilisée le 24 juillet, même si les traces du sinistre restent bien visibles. Pour le frère Vincent, recteur du sanctuaire, il est dorénavant temps de rendre grâce.

Au lendemain de cette deuxième alerte, le frère Vincent a pu regagner le sanctuaire pour constater les dégâts. Si les bâtiments ont, une nouvelle fois, été épargnés, les traces de l'incendie sont visibles autour du site. "Le sanctuaire n'a pas été touché. Mardi, c'était une attaque par l'ouest, et hier par l'est. Cependant, le sanctuaire a tenu bon !", explique le recteur à Aleteia. Selon lui, les flammes se sont approchées à quelques mètres seulement des bâtiments, gagnant l'esplanade et l'escalier Louis XIV jusqu'aux abords du parvis. Les pompiers y ont mené une lutte acharnée pour empêcher le feu de se propager au sanctuaire.

Une protection à la fois humaine et spirituelle

Avant ce retour au calme, le sanctuaire a pourtant vécu quelques longues heures d'angoisse. Après une première nuit éprouvante entre le 21 et le 22 juillet, marquée par l'évacuation du sanctuaire Notre-Dame de Grâces et du monastère Saint-Joseph du Bessillon, les religieux pensaient le danger écarté. Le répit n'aura finalement duré que peu de temps. Jeudi 23 juillet, l'incendie, l'un des plus importants de l'été dans le Var, est reparti avec violence. Attisées par le vent, les flammes sont redescendues vers Cotignac, contraignant les autorités à appeler les habitants à évacuer le village. Dans une vidéo publiée en urgence, le frère Vincent lançait alors un appel à la prière : "Le sanctuaire est en danger. Le feu a repris (…) Je vous invite à prier pour nous et pour les pompiers, pour tous les habitants de Cotignac qui sont en danger, car le feu descend sur le village."

"Si le sanctuaire a été préservé, c'est grâce au travail des pompiers, au débroussaillage… et puis à la main de Dieu."

Si le sanctuaire est resté debout malgré deux assauts successifs des flammes, le frère Vincent y voit le fruit d'un important travail des secours et de prévention. De fait, le recteur souligne l'importance des travaux de débroussaillage menés depuis plusieurs années autour du sanctuaire, conformément aux normes de prévention des incendies. Une véritable coupure végétale qui a été aménagée afin de limiter la propagation du feu, complétée par l'installation de réserves d'eau dédiées à la lutte contre les incendies.

Pour autant, le religieux estime que cette protection ne peut s'expliquer uniquement par les moyens humains. En effet, frère Vincent y voit également une dimension spirituelle. "Si le sanctuaire a été préservé, c'est grâce au travail des pompiers, au débroussaillage… et puis à la main de Dieu, puisque c'est quand même un peu miraculeux."

Un village mobilisé face à l'épreuve

L'incendie a profondément bouleversé la vie du sanctuaire. Dès le 21 juillet au soir, les familles présentes en session, les Guides d'Europe, les scouts unitaires de France (SUF), les frères et les religieuses avaient dû quitter les lieux. Dans l'urgence, les habitants de Cotignac se sont mobilisés pour offrir un toit et un soutien à ceux qui en avaient besoin. Les religieux ont été hébergés chez des paroissiens, tandis qu'un hôtel du village a accueilli les familles, les guides et les autres pèlerins. "Nous avons été accueillis avec beaucoup de solidarité. Un hôtel a reçu tous les participants de la session des familles. C'était vraiment généreux", témoigne le frère Vincent.

"C'est une protection de Marie, de saint Michel et de saint Bernard."

Si le sanctuaire a été préservé, un important travail reste désormais à accomplir avant sa réouverture, qui se fera progressivement selon les consignes des autorités, explique le frère Vincent. Dans un premier temps, les religieux doivent notamment évaluer les dégâts causés aux canalisations, aux installations électriques et aux différents réseaux techniques indique le recteur de Notre-Dame de Grâces. Ils devront également mesurer l'impact de l'interruption des sessions estivales, source de revenus essentielle pour le sanctuaire.

Malgré ces incertitudes, le frère Vincent garde confiance. "C'est une protection de Marie, de saint Michel et de saint Bernard. [...] La Vierge Marie a son sanctuaire, qui est toujours devant nous, alors que lorsqu'on regarde un peu plus loin, à l'ouest comme à l'est, c'est la dévastation. Nous avons beaucoup de choses à réparer, mais nous allons pouvoir accueillir les pèlerins. Nous sommes dans l'action de grâce", conclut le religieux.

Un signe d'espérance pour les pèlerins et les habitants de Cotignac, durement éprouvés par ces journées d'incendie, et pour les nombreux fidèles qui, partout en France, se sont unis dans la prière pour demander sa protection.


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vendredi 7 août 2026

Le cardinal Parolin au Guatemala

 


Le Secrétaire d’État du Vatican, en voyage au Guatemala à l’occasion du 90è anniversaire des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, a invité la communauté internationale à revenir à une «diplomatie du dialogue» aujourd’hui substituée par la «diplomatie de la force», et à protéger les droits menacés par les idéologies, lors d’un discours adressé au corps diplomatique guatémaltèque ce ludi 3 août.

Le dialogue, pas la force. La compréhension, pas l’oppression. La diplomatie, pas l’idéologie. Depuis le Guatemala, où il se trouve en visite depuis le 1er août dernier pour célébrer les 90 ans des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin s’est exprimé sur le contexte actuel dans le monde, lors d’un discours face au corps diplomatique guatémaltèque rencontré ce 3 août. Le Secrétaire d’État du Vatican a ainsi lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle mette en œuvre les outils de la diplomatie, afin de protéger ces droits fondamentaux qui semblent perdre de leur «vitalité», laissant ainsi la place à «l’idéologie», à la «force» et à «l’oppression».

Depuis le siège de la Nonciature apostolique du Guatemala, dernière étape, ce lundi, de sa visite dans le pays à l’occasion de l'anniversaire des relations diplomatiques, le cardinal Parolin a salué «un parcours historique fondé sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et une collaboration constante» entre le Guatemala et le Saint-Siège.

Plus tôt dans la journée, il avait rencontré le président de la République, Bernardo Arévalo, puis le ministre des Affaires étrangères, Carlos Ramiro Martínez, ainsi qu’un groupe de représentants des peuples autochtones. Ils étaient déjà présents dimanche à la cathédrale métropolitaine pour la messe solennelle d’action de grâce célébrée par le cardinal qui, dans son homélie, a exhorté les autorités civiles et ecclésiastiques à construire «une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire, en brisant les dynamiques de mépris, d’indifférence et d’injustice causées par les inégalités et la corruption».

Les droits de l'homme perdent de leur vitalité

Dans son discours à la Nonciature, le cardinal Parolin a ainsi invité les diplomates guatémaltèques à mener une réflexion approfondie «sur la valeur précieuse de la voie du dialogue et de la compréhension», en particulier – a-t-il souligné – «lorsque nous observons une communauté internationale où la diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus entre toutes les parties, est remplacée par une diplomatie fondée sur la force, tant de la part d’individus que de groupes d’alliés».

«Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même le droit à la vie sont restreints au nom d’autres prétendus nouveaux droits, avec, pour conséquence, que le cadre même des droits de l’homme perd de sa vitalité et laisse place à l’idéologie, à la force et à l’oppression», a insisté le secrétaire d’État.

Cette mission, «face aux nouveautés de notre temps», a-t-il expliqué, se concrétise «en évitant les enthousiasmes naïfs ou les craintes stériles, en proposant, dans le langage de l’Évangile, des critères de discernement». Des critères tels que «la dignité de la personne, la visée universelle des biens, l’attention portée aux pauvres, la sauvegarde de la création et la paix». Des critères qui peuvent se traduire par des pratiques concrètes, telles que «la planification responsable, les évaluations de l’impact humain et social, l’inclusion des plus fragiles, l’alphabétisation numérique, la recherche et l’industrie orientées vers la justice et la paix».

Le Guatemala, un interlocuteur ouvert au dialogue

Ce sont autant de paroles qui ont trouvé un écho au Guatemala, «terre aux racines chrétiennes profondes» que saint Jean-Paul II a visitée à trois reprises, en 1983, 1996 et 2002, et qui possède «un patrimoine humain et spirituel extraordinaire», notamment grâce à la richesse des populations autochtones, souligne le cardinal Parolin. Par leurs cultures et leurs traditions, ces peuples contribuent à construire «une société toujours plus inclusive, réconciliée et solidaire».

«Le Saint-Siège a trouvé au Guatemala un interlocuteur ouvert au dialogue et sensible aux grandes valeurs qui sous-tendent la coexistence humaine: la dignité inviolable de chaque personne, la promotion du bien commun, l’attention portée aux personnes en situation de vulnérabilité et la recherche inlassable de la paix», a encore affirmé le cardinal Parolin.

Le Secrétaire d’État a également rappelé la coopération qui s’est instaurée au cours de ces neuf décennies entre ce pays d’Amérique centrale et le Saint-Siège, et qui s’est concrétisée dans des domaines tels que «l’accompagnement pastoral du peuple guatémaltèque, le service éducatif et sanitaire de nombreuses institutions ecclésiales, le renforcement de la liberté religieuse et la défense de la dignité humaine».

Remerciements à l’Église et aux institutions

Le Secrétaire d’État du Vatican a enfin conclu en remerciant les autorités guatémaltèques pour «l’esprit de collaboration» qui caractérise les relations bilatérales; les différents représentants diplomatiques accrédités auprès du Saint-Siège et les nonces apostoliques qui, au cours des quatre-vingt-dix dernières années, «ont contribué avec dévouement et sagesse au renforcement de cette amitié institutionnelle», ainsi que l’Église locale qui collabore humblement à la promotion d’«une société où prévalent la justice, le respect de la vie, la liberté, l’éducation des nouvelles générations et la sauvegarde de la création».

Dans le cadre de sa visite dans ce pays d’Amérique centrale ce dimanche 2 août, le Secrétaire d’État du Vatican a notamment rappelé que «seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain», lors de la célébration dans la cathédrale métropolitaine Saint-Jacques à l’occasion de l’anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Guatemala.

Dans son homélie prononcée dimanche 2 août lors de sa visite à Guatemala, le cardinal Pietro Parolin a notamment rappelé que «seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain. Et pas seulement la faim de pain, mais aussi la soif de sens, d’amour, d’espoir, la soif d’une vie pleine, abondante, d’une vie éternelle».

«En effet, la volonté d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile l’amène à embrasser l’humanité tout entière et à ne fermer aucune voie susceptible de mener à la construction d’une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire, en brisant les dynamiques du mépris, de l’indifférence et des injustices provoquées par les inégalités et la corruption», a poursuivi le cardinal Pietro Parolin.

«Les salutations chaleureuses» du Pape Léon XIV

Après avoir visité la maison de retraite Mère Teresa de Calcutta, le Secrétaire d’État a présidé la célébration eucharistique à laquelle ont participé différentes autorités ecclésiastiques, diplomatiques et civiles, dont le président, la vice-présidente et les évêques guatémaltèques. Le nonce apostolique, des prêtres, des religieux et des centaines de fidèles étaient également présents.

Dès le début de son homélie, le cardinal a transmis les salutations du Saint-Père au peuple du Guatemala. «En ce début de moment de réflexion, je tiens tout d’abord à vous transmettre les salutations chaleureuses de Sa Sainteté, le Pape Léon XIV, qui pense beaucoup à vous et m’a demandé de vous faire part de sa proximité et de sa bénédiction paternelle

«Seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l'être humain»

Rappelant ensuite la raison de sa visite au Guatemala - du 1er au 4 août pour célébrer le 90è anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Guatemala et le 400è anniversaire de la naissance du frère Pedro, premier saint du Guatemala (Saint Pierre de Betancur) -, le cardinal Parolin a souligné que la providence divine n’a jamais abandonné le peuple guatémaltèque, ni l’Église qui chemine sur ces terres.

“Ces deux événements historiques, éclairés par la Parole de Dieu que nous venons d’entendre nous présente un thème central: seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain. Et pas seulement la faim de pain, mais aussi la soif de sens, d’amour, d’espoir, la soif d’une vie pleine, abondante, d’une vie éternelle.”

«Donnez-leur à manger»

Commentant l’Évangile de ce dimanche, le Secrétaire d’État a indiqué que c’est dans cette réalité humaine que l’Église trouve sa véritable vocation: apporter le pain de la Parole et le pain de l’Eucharistie aux hommes et aux femmes de tous les temps et de tous les lieux, en suivant le commandement de Jésus. «Donnez-leur à manger» est une «invitation qui résonne toujours avec force et nous conduit nécessairement à la rencontre de l’autre, là où il se trouve et quelle que soit sa situation, en criant comme le prophète Isaïe: que tous ceux qui ont soif viennent chercher de l’eau, et que ceux qui n’ont pas d’argent viennent et mangent». C’est une «invitation exigeante de Dieu, “Donnez-leur à manger”, qui nous exhorte à ne pas rester indifférents face aux besoins de nos semblables».

Remettre entre les mains de Jésus le peu que nous possédons

De même, le cardinal Parolin a déclaré que, face aux besoins du monde, à la pauvreté, à la solitude, à l’injustice et à la souffrance, qui sont souvent les conséquences de la corruption, nous pourrions penser qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Mais Jésus nous invite à faire ce que nous avons.

«Même si nos cinq pains et nos deux poissons semblent insuffisants, tout comme nos modestes capacités dont nous ne sommes que les intendants, le miracle commence précisément lorsque les disciples remettent entre les mains de Jésus le peu qu’ils possèdent. Il en va de même dans notre vie: lorsque nous offrons au Seigneur notre temps, nos capacités, notre générosité, et même nos limites, Il multiplie ces dons pour le bien de tous.»

Le programme de la visite du cardinal Parolin

La visite du cardinal Parolin au Guatemala réaffirme les liens historiques d’amitié, de coopération et de dialogue entre le Saint-Siège et ce pays d’Amérique centrale. En arrivant le 1er août, il a été accueilli par la vice-ministre des Affaires étrangères, María Luisa Ramírez.

Le lendemain, après sa visite à la maison de retraite Mère Teresa de Calcutta, le Secrétaire d’État s’est rendu à la cathédrale métropolitaine de Guatemala, avant de visiter le sanctuaire du Frère Pedro.

Ce lundi 3 août, le cardinal Parolin s’entretient avec le président du Guatemala, Bernardo Arévalo. Il rencontre ensuite les représentants des peuples autochtones. Le cardinal est enfin attendu par le ministre des Affaires étrangères, Carlos Ramiro Martínez, puis les représentants du corps diplomatique.

Enfin, le mardi 4 août, le secrétaire d’État rencontrera les évêques et les prêtres du pays. La visite s’achèvera par la célébration eucharistique au sanctuaire archidiocésain de l’Adoration perpétuelle, situé à Mixco, deuxième plus grande ville du Guatemala.



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