lundi 10 août 2026

Incendie dans le Var : frayeur au sanctuaire de Cotignac

 


incendie-cotignac-juillet-2026-AFP

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac (Var) encerclé par la fumée de l'incendie, 23 juillet 2026.

Alors que le sanctuaire Notre-Dame de Grâces semblait hors de danger, l'incendie qui ravage le Var depuis le 21 juillet a repris avec violence. Tandis que les habitants de Cotignac ont été appelés à évacuer le frère Vincent, recteur du sanctuaire, a lancé un appel pressant à la prière. Plus tard dans la soirée il s'est montré prudent mais rassurant, indiquant que la situation semblait s'être calmée et que le vent était tombé.

Le répit n'aura été que de courte durée. Après une première nuit d'angoisse du 21 au 22 juillet, marquée par l'évacuation du sanctuaire Notre-Dame de Grâces et du monastère Saint-Joseph du Bessillon, le soulagement semblait enfin avoir gagné Cotignac. Les flammes, qui avaient parcouru plus de 2.500 hectares dans le Var, avaient finalement été stoppées aux portes du sanctuaire grâce à l'engagement exceptionnel des sapeurs-pompiers et aux importants travaux de débroussaillage réalisés ces dernières années autour du site. Mais la situation a brutalement basculé ce jeudi 23 juillet. Le feu a repris avec force et la situation est à nouveau extrêmement préoccupante. Les habitants de Cotignac ont été appelés à évacuer, les flammes étant descendue en direction du village.

Dans une vidéo, le frère Vincent, recteur du sanctuaire Notre-Dame de Grâces, a dans la foulée lancé un appel bouleversant à la prière : "Le sanctuaire est en danger. Le feu a repris. Nous avons vu des flammes partir des pins qui sont sous l'escalier Louis XIV et dans ces environs. Je vous invite à prier pour nous et pour les pompiers, pour tous les habitants de Cotignac qui sont en danger, car le feu descend sur le village."

Plus tard dans la soirée, il s'est montré prudent mais rassurant. "J’ai l’impression que tout s’est calmé. Le vent est tombé. C’était une ajournée compliquée car le vent a attisé plusieurs foyers sur le massif", a-t-il indiqué. "De là où je suis, à 2 km du village vers Entrecasteaux, je vois l’église toujours debout et les pins devant l’église, ainsi que les cyprès en haut de l’escalier Louis XIV, toujours debout aussi. J’en conclus que le feu était dessous, jusqu’au village. On en saura plus demain matin." Avant de conclure : "Merci pour vos prières."


Après deux vagues d'incendie qui ont menacé le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac, dans le Var, fin juillet, le frère Vincent accueille avec soulagement la fin des feux et invite les fidèles à rendre grâce. "Nous avons beaucoup de choses à réparer, mais nous allons pouvoir accueillir les pèlerins. Nous sommes dans l'action de grâce".

Deux fois en trois jours, les flammes ont frôlé le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac, dans le Var. Pour la seconde fois, le site marial a été épargné. Après une violente reprise de l'incendie le 23 juillet, la situation s'est stabilisée le 24 juillet, même si les traces du sinistre restent bien visibles. Pour le frère Vincent, recteur du sanctuaire, il est dorénavant temps de rendre grâce.

Au lendemain de cette deuxième alerte, le frère Vincent a pu regagner le sanctuaire pour constater les dégâts. Si les bâtiments ont, une nouvelle fois, été épargnés, les traces de l'incendie sont visibles autour du site. "Le sanctuaire n'a pas été touché. Mardi, c'était une attaque par l'ouest, et hier par l'est. Cependant, le sanctuaire a tenu bon !", explique le recteur à Aleteia. Selon lui, les flammes se sont approchées à quelques mètres seulement des bâtiments, gagnant l'esplanade et l'escalier Louis XIV jusqu'aux abords du parvis. Les pompiers y ont mené une lutte acharnée pour empêcher le feu de se propager au sanctuaire.

Une protection à la fois humaine et spirituelle

Avant ce retour au calme, le sanctuaire a pourtant vécu quelques longues heures d'angoisse. Après une première nuit éprouvante entre le 21 et le 22 juillet, marquée par l'évacuation du sanctuaire Notre-Dame de Grâces et du monastère Saint-Joseph du Bessillon, les religieux pensaient le danger écarté. Le répit n'aura finalement duré que peu de temps. Jeudi 23 juillet, l'incendie, l'un des plus importants de l'été dans le Var, est reparti avec violence. Attisées par le vent, les flammes sont redescendues vers Cotignac, contraignant les autorités à appeler les habitants à évacuer le village. Dans une vidéo publiée en urgence, le frère Vincent lançait alors un appel à la prière : "Le sanctuaire est en danger. Le feu a repris (…) Je vous invite à prier pour nous et pour les pompiers, pour tous les habitants de Cotignac qui sont en danger, car le feu descend sur le village."

"Si le sanctuaire a été préservé, c'est grâce au travail des pompiers, au débroussaillage… et puis à la main de Dieu."

Si le sanctuaire est resté debout malgré deux assauts successifs des flammes, le frère Vincent y voit le fruit d'un important travail des secours et de prévention. De fait, le recteur souligne l'importance des travaux de débroussaillage menés depuis plusieurs années autour du sanctuaire, conformément aux normes de prévention des incendies. Une véritable coupure végétale qui a été aménagée afin de limiter la propagation du feu, complétée par l'installation de réserves d'eau dédiées à la lutte contre les incendies.

Pour autant, le religieux estime que cette protection ne peut s'expliquer uniquement par les moyens humains. En effet, frère Vincent y voit également une dimension spirituelle. "Si le sanctuaire a été préservé, c'est grâce au travail des pompiers, au débroussaillage… et puis à la main de Dieu, puisque c'est quand même un peu miraculeux."

Un village mobilisé face à l'épreuve

L'incendie a profondément bouleversé la vie du sanctuaire. Dès le 21 juillet au soir, les familles présentes en session, les Guides d'Europe, les scouts unitaires de France (SUF), les frères et les religieuses avaient dû quitter les lieux. Dans l'urgence, les habitants de Cotignac se sont mobilisés pour offrir un toit et un soutien à ceux qui en avaient besoin. Les religieux ont été hébergés chez des paroissiens, tandis qu'un hôtel du village a accueilli les familles, les guides et les autres pèlerins. "Nous avons été accueillis avec beaucoup de solidarité. Un hôtel a reçu tous les participants de la session des familles. C'était vraiment généreux", témoigne le frère Vincent.

"C'est une protection de Marie, de saint Michel et de saint Bernard."

Si le sanctuaire a été préservé, un important travail reste désormais à accomplir avant sa réouverture, qui se fera progressivement selon les consignes des autorités, explique le frère Vincent. Dans un premier temps, les religieux doivent notamment évaluer les dégâts causés aux canalisations, aux installations électriques et aux différents réseaux techniques indique le recteur de Notre-Dame de Grâces. Ils devront également mesurer l'impact de l'interruption des sessions estivales, source de revenus essentielle pour le sanctuaire.

Malgré ces incertitudes, le frère Vincent garde confiance. "C'est une protection de Marie, de saint Michel et de saint Bernard. [...] La Vierge Marie a son sanctuaire, qui est toujours devant nous, alors que lorsqu'on regarde un peu plus loin, à l'ouest comme à l'est, c'est la dévastation. Nous avons beaucoup de choses à réparer, mais nous allons pouvoir accueillir les pèlerins. Nous sommes dans l'action de grâce", conclut le religieux.

Un signe d'espérance pour les pèlerins et les habitants de Cotignac, durement éprouvés par ces journées d'incendie, et pour les nombreux fidèles qui, partout en France, se sont unis dans la prière pour demander sa protection.


aleteia


vendredi 7 août 2026

Le cardinal Parolin au Guatemala

 


Le Secrétaire d’État du Vatican, en voyage au Guatemala à l’occasion du 90è anniversaire des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, a invité la communauté internationale à revenir à une «diplomatie du dialogue» aujourd’hui substituée par la «diplomatie de la force», et à protéger les droits menacés par les idéologies, lors d’un discours adressé au corps diplomatique guatémaltèque ce ludi 3 août.

Le dialogue, pas la force. La compréhension, pas l’oppression. La diplomatie, pas l’idéologie. Depuis le Guatemala, où il se trouve en visite depuis le 1er août dernier pour célébrer les 90 ans des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin s’est exprimé sur le contexte actuel dans le monde, lors d’un discours face au corps diplomatique guatémaltèque rencontré ce 3 août. Le Secrétaire d’État du Vatican a ainsi lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle mette en œuvre les outils de la diplomatie, afin de protéger ces droits fondamentaux qui semblent perdre de leur «vitalité», laissant ainsi la place à «l’idéologie», à la «force» et à «l’oppression».

Depuis le siège de la Nonciature apostolique du Guatemala, dernière étape, ce lundi, de sa visite dans le pays à l’occasion de l'anniversaire des relations diplomatiques, le cardinal Parolin a salué «un parcours historique fondé sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et une collaboration constante» entre le Guatemala et le Saint-Siège.

Plus tôt dans la journée, il avait rencontré le président de la République, Bernardo Arévalo, puis le ministre des Affaires étrangères, Carlos Ramiro Martínez, ainsi qu’un groupe de représentants des peuples autochtones. Ils étaient déjà présents dimanche à la cathédrale métropolitaine pour la messe solennelle d’action de grâce célébrée par le cardinal qui, dans son homélie, a exhorté les autorités civiles et ecclésiastiques à construire «une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire, en brisant les dynamiques de mépris, d’indifférence et d’injustice causées par les inégalités et la corruption».

Les droits de l'homme perdent de leur vitalité

Dans son discours à la Nonciature, le cardinal Parolin a ainsi invité les diplomates guatémaltèques à mener une réflexion approfondie «sur la valeur précieuse de la voie du dialogue et de la compréhension», en particulier – a-t-il souligné – «lorsque nous observons une communauté internationale où la diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus entre toutes les parties, est remplacée par une diplomatie fondée sur la force, tant de la part d’individus que de groupes d’alliés».

«Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même le droit à la vie sont restreints au nom d’autres prétendus nouveaux droits, avec, pour conséquence, que le cadre même des droits de l’homme perd de sa vitalité et laisse place à l’idéologie, à la force et à l’oppression», a insisté le secrétaire d’État.

Cette mission, «face aux nouveautés de notre temps», a-t-il expliqué, se concrétise «en évitant les enthousiasmes naïfs ou les craintes stériles, en proposant, dans le langage de l’Évangile, des critères de discernement». Des critères tels que «la dignité de la personne, la visée universelle des biens, l’attention portée aux pauvres, la sauvegarde de la création et la paix». Des critères qui peuvent se traduire par des pratiques concrètes, telles que «la planification responsable, les évaluations de l’impact humain et social, l’inclusion des plus fragiles, l’alphabétisation numérique, la recherche et l’industrie orientées vers la justice et la paix».

Le Guatemala, un interlocuteur ouvert au dialogue

Ce sont autant de paroles qui ont trouvé un écho au Guatemala, «terre aux racines chrétiennes profondes» que saint Jean-Paul II a visitée à trois reprises, en 1983, 1996 et 2002, et qui possède «un patrimoine humain et spirituel extraordinaire», notamment grâce à la richesse des populations autochtones, souligne le cardinal Parolin. Par leurs cultures et leurs traditions, ces peuples contribuent à construire «une société toujours plus inclusive, réconciliée et solidaire».

«Le Saint-Siège a trouvé au Guatemala un interlocuteur ouvert au dialogue et sensible aux grandes valeurs qui sous-tendent la coexistence humaine: la dignité inviolable de chaque personne, la promotion du bien commun, l’attention portée aux personnes en situation de vulnérabilité et la recherche inlassable de la paix», a encore affirmé le cardinal Parolin.

Le Secrétaire d’État a également rappelé la coopération qui s’est instaurée au cours de ces neuf décennies entre ce pays d’Amérique centrale et le Saint-Siège, et qui s’est concrétisée dans des domaines tels que «l’accompagnement pastoral du peuple guatémaltèque, le service éducatif et sanitaire de nombreuses institutions ecclésiales, le renforcement de la liberté religieuse et la défense de la dignité humaine».

Remerciements à l’Église et aux institutions

Le Secrétaire d’État du Vatican a enfin conclu en remerciant les autorités guatémaltèques pour «l’esprit de collaboration» qui caractérise les relations bilatérales; les différents représentants diplomatiques accrédités auprès du Saint-Siège et les nonces apostoliques qui, au cours des quatre-vingt-dix dernières années, «ont contribué avec dévouement et sagesse au renforcement de cette amitié institutionnelle», ainsi que l’Église locale qui collabore humblement à la promotion d’«une société où prévalent la justice, le respect de la vie, la liberté, l’éducation des nouvelles générations et la sauvegarde de la création».

Dans le cadre de sa visite dans ce pays d’Amérique centrale ce dimanche 2 août, le Secrétaire d’État du Vatican a notamment rappelé que «seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain», lors de la célébration dans la cathédrale métropolitaine Saint-Jacques à l’occasion de l’anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Guatemala.

Dans son homélie prononcée dimanche 2 août lors de sa visite à Guatemala, le cardinal Pietro Parolin a notamment rappelé que «seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain. Et pas seulement la faim de pain, mais aussi la soif de sens, d’amour, d’espoir, la soif d’une vie pleine, abondante, d’une vie éternelle».

«En effet, la volonté d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile l’amène à embrasser l’humanité tout entière et à ne fermer aucune voie susceptible de mener à la construction d’une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire, en brisant les dynamiques du mépris, de l’indifférence et des injustices provoquées par les inégalités et la corruption», a poursuivi le cardinal Pietro Parolin.

«Les salutations chaleureuses» du Pape Léon XIV

Après avoir visité la maison de retraite Mère Teresa de Calcutta, le Secrétaire d’État a présidé la célébration eucharistique à laquelle ont participé différentes autorités ecclésiastiques, diplomatiques et civiles, dont le président, la vice-présidente et les évêques guatémaltèques. Le nonce apostolique, des prêtres, des religieux et des centaines de fidèles étaient également présents.

Dès le début de son homélie, le cardinal a transmis les salutations du Saint-Père au peuple du Guatemala. «En ce début de moment de réflexion, je tiens tout d’abord à vous transmettre les salutations chaleureuses de Sa Sainteté, le Pape Léon XIV, qui pense beaucoup à vous et m’a demandé de vous faire part de sa proximité et de sa bénédiction paternelle

«Seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l'être humain»

Rappelant ensuite la raison de sa visite au Guatemala - du 1er au 4 août pour célébrer le 90è anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Guatemala et le 400è anniversaire de la naissance du frère Pedro, premier saint du Guatemala (Saint Pierre de Betancur) -, le cardinal Parolin a souligné que la providence divine n’a jamais abandonné le peuple guatémaltèque, ni l’Église qui chemine sur ces terres.

“Ces deux événements historiques, éclairés par la Parole de Dieu que nous venons d’entendre nous présente un thème central: seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain. Et pas seulement la faim de pain, mais aussi la soif de sens, d’amour, d’espoir, la soif d’une vie pleine, abondante, d’une vie éternelle.”

«Donnez-leur à manger»

Commentant l’Évangile de ce dimanche, le Secrétaire d’État a indiqué que c’est dans cette réalité humaine que l’Église trouve sa véritable vocation: apporter le pain de la Parole et le pain de l’Eucharistie aux hommes et aux femmes de tous les temps et de tous les lieux, en suivant le commandement de Jésus. «Donnez-leur à manger» est une «invitation qui résonne toujours avec force et nous conduit nécessairement à la rencontre de l’autre, là où il se trouve et quelle que soit sa situation, en criant comme le prophète Isaïe: que tous ceux qui ont soif viennent chercher de l’eau, et que ceux qui n’ont pas d’argent viennent et mangent». C’est une «invitation exigeante de Dieu, “Donnez-leur à manger”, qui nous exhorte à ne pas rester indifférents face aux besoins de nos semblables».

Remettre entre les mains de Jésus le peu que nous possédons

De même, le cardinal Parolin a déclaré que, face aux besoins du monde, à la pauvreté, à la solitude, à l’injustice et à la souffrance, qui sont souvent les conséquences de la corruption, nous pourrions penser qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Mais Jésus nous invite à faire ce que nous avons.

«Même si nos cinq pains et nos deux poissons semblent insuffisants, tout comme nos modestes capacités dont nous ne sommes que les intendants, le miracle commence précisément lorsque les disciples remettent entre les mains de Jésus le peu qu’ils possèdent. Il en va de même dans notre vie: lorsque nous offrons au Seigneur notre temps, nos capacités, notre générosité, et même nos limites, Il multiplie ces dons pour le bien de tous.»

Le programme de la visite du cardinal Parolin

La visite du cardinal Parolin au Guatemala réaffirme les liens historiques d’amitié, de coopération et de dialogue entre le Saint-Siège et ce pays d’Amérique centrale. En arrivant le 1er août, il a été accueilli par la vice-ministre des Affaires étrangères, María Luisa Ramírez.

Le lendemain, après sa visite à la maison de retraite Mère Teresa de Calcutta, le Secrétaire d’État s’est rendu à la cathédrale métropolitaine de Guatemala, avant de visiter le sanctuaire du Frère Pedro.

Ce lundi 3 août, le cardinal Parolin s’entretient avec le président du Guatemala, Bernardo Arévalo. Il rencontre ensuite les représentants des peuples autochtones. Le cardinal est enfin attendu par le ministre des Affaires étrangères, Carlos Ramiro Martínez, puis les représentants du corps diplomatique.

Enfin, le mardi 4 août, le secrétaire d’État rencontrera les évêques et les prêtres du pays. La visite s’achèvera par la célébration eucharistique au sanctuaire archidiocésain de l’Adoration perpétuelle, situé à Mixco, deuxième plus grande ville du Guatemala.



vatican news

jeudi 6 août 2026

Museum Altes Zeughaus Des armes de Soleure pour Hollywood?



                    Production d’affûts à la Waffenfabrik Solothurn, vers 1930.                                                  Museum Altes Zeughaus


Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la société Waffenfabrik Solothurn AG, en plus d’être inscrite sur la liste noire des Alliés, se retrouva engagée dans une longue procédure de liquidation. Qu’allait-il advenir de son stock d’armes? Contre toute attente, une offre alléchante venue d’Hollywood se présenta en 1951.

En 1951, la société Waffenfabrik Solothurn AG n’existait guère plus que sur le papier, en tant que société anonyme. Après une longue procédure de liquidation lancée en 1946, le site de l’usine situé à Zuchwil, dans le canton de Soleure, avait été vendu en 1950 à la société Gebrüder Sulzer AG, établie à Winterthour, et transformé en usine de métiers à tisser. À quelques exceptions près, l’ensemble du personnel de la fabrique d’armes avait été licencié, les paquets d’actions ne trouvaient pas preneur, et la société était toujours en possession d’une quantité importante d’armes et de munitions. Que faire de tout ce stock?

Pour mieux comprendre le marasme dans lequel la société Waffenfabrik Solothurn AG était plongée en 1951, revenons brièvement sur son histoire.

L’histoire de la société Waffen­fa­brik Solothurn AG

Tout commença au printemps 1929, année de la création de la société Waffenfabrik Solothurn AG, filiale de l’entreprise allemande Rheinische Metalwaaren- und Maschinenfabrik Actiengesellschaft, Rheinmetall AG. Pendant la Première Guerre mondiale, Rheinmetall AG, implantée à Düsseldorf, Sömmerda et Berlin-Tegel, s’était imposée comme l’une des plus grandes entreprises d’armement de l’Empire allemand. Après le conflit, le traité de Versailles signé le 28 juin 1919 avait imposé d’importantes restrictions à l’Allemagne. Son armée s’était vue massivement réduite et son industrie d’armement quasiment interdite. La conception et la fabrication d’armes étant devenues presque impossible en Allemagne, l’industrie se mit en quête, avec l’appui des forces armées encore présentes, de solutions lui permettant de rester dans la course internationale à l’armement. Pour contourner les restrictions imposées par le traité de Versailles, les entreprises d’armement allemandes investirent dans des sociétés et usines établies dans des pays neutres ou alliés, ou y créèrent de nouvelles succursales. L’Allemagne entendait poursuivre sa production d’armes dans l’ombre du traité de Versailles, en développant un «réarmement clandestin».

Rheinmetall AG fonda ainsi à Zuchwil, dans le canton de Soleure, une fabrique d’armes dans laquelle ses armes d’infanterie pouvaient être fabriquées, testées et industrialisées. Le choix de l’entreprise allemande s’était porté sur le site de Zuchwil grâce à l’intervention d’Hermann Obrecht, conseiller national libéral-radical soleurois et futur membre du Conseil fédéral, et de Fritz Mandl, industriel autrichien de l’armement. Une nouvelle fabrique d’armes vit ainsi le jour dans les ateliers de l’ancienne entreprise Patronenfabrik Solothurn AG, dans laquelle Obrecht et Mandl jouaient déjà un rôle actif.

Les débuts de la Waffenfabrik Solothurn furent marqués par une activité florissante et l’afflux de commandes lucratives. Cette période prit fin brutalement en 1933, lors de l’arrivée au pouvoir du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), dirigé par Adolf Hitler. Ignorant les restrictions imposées par le traité de Versailles, ce dernier s’engagea ouvertement dans une politique de réarmement de l’Allemagne. Tout «réarmement clandestin» devenant inutile, le site délocalisé de Rheinmetall AG à Soleure perdit peu à peu de son importance pour l’entreprise allemande.

Pour contrer cette tendance, la Waffenfabrik Solothurn se lança dès 1934/35 dans la conception et la fabrication d’un nouveau produit: l’«arquebuse antichar», une arme d’infanterie lourde de calibre 20 mm destinée à combattre les blindés. Cette arquebuse antichars S18-100 et ses versions ultérieures devaient permettre à l’entreprise de Soleure de retrouver une place sur le marché international de l’armement. Jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939, les commandes restèrent toutefois en deçà des attentes, et l’usine dut être maintenue à flot par Rheinmetall.

En dépit d’un regain de commandes à partir de 1940, la situation de l’entreprise resta menacée par l’intensification du conflit. Les Pays-Bas commandèrent ainsi plus de 700 arquebuses fabriquées à Soleure, mais le contrat fut suspendu à la suite de l’occupation allemande du pays à l’été 1940. La plus grosse commande fut passée en 1941 par l’Italie fasciste: la livraison de 2000 arquebuses antichars et de leurs affûts devait assurer à l’entreprise soleuroise du travail et des revenus pendant plusieurs années. Mais ce contrat fut également résilié après la chute du dictateur italien Benito Mussolini en 1943, laissant l’entreprise avec un stock d’armes invendu et de lourdes dettes. Jusqu’à la fin de la guerre, la situation se dégrada au point qu’à partir de 1944, pratiquement aucune arme ne fut plus produite à Soleure. L’entreprise tenta de se maintenir à flot en se lançant dans la production de machines-outils. Une nouvelle fois sans succès.

En tant que filiale de Rheinmetall AG, Waffenfabrik Solothurn AG se retrouva inscrite sur la liste noire des Alliés. Des entreprises établies en Suisse, en Suède, au Portugal et dans d’autres pays, étroitement liées économiquement et commercialement avec l’Allemagne nazie, étaient répertoriées sur ces listes et placées sous embargo. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Accord de Washington fut conclu le 25 mai 1946 entre les autorités suisses et les puissances alliées occidentales, à savoir les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. Ce traité international fixait la contribution financière de la Suisse à la reconstruction de l’Europe ainsi que les modalités d’enregistrement et de liquidation des avoirs allemands en Suisse. Conformément à cet accord, la dissolution de la Waffenfabrik Solothurn AG fut décidée ultérieurement. L’Office suisse de compensation, établi à Zurich, se vit chargé de procéder à la liquidation. À partir de 1946, toutes les affaires commerciales et financières de l’entreprise soleuroise durent être examinées et approuvées par cet office de compensation pendant la procédure de liquidation. La mise en vente des paquets d’actions n’aboutit pas, mais le site de l’usine trouva preneur en 1950, comme indiqué plus haut.

Que faire des armes?

Dans le cadre de la procédure de liquidation, on tenta également d’écouler les arquebuses antichars fabriquées pendant la guerre et restées invendues. Problème: ces armes, qui n’avaient pas suivi l’évolution rapide des véhicules blindés entre 1939 et 1945, étaient déjà obsolètes durant ce conflit. En 1948, la Waffenfabrik Solothurn tenta de se défaire de ses stocks d’arquebuses antichars en concluant un contrat de livraison d’armes avec l’Éthiopie. Le marché fut toutefois refusé par les autorités fédérales.

En 1951, la question sembla soudain se résoudre d’elle-même. Un Américain du nom de Leo Lippe se présenta à la direction de la société anonyme soleuroise, désormais en effectif réduit. Mister Lippe, un cinéaste tout droit venu de Hollywood, était à la recherche d’armes datant de la guerre. Pour le tournage de films de guerre dorénavant produits à Hollywood, d’importantes quantités d’accessoires, mais aussi d’armes, étaient nécessaires.

Au grand étonnement des responsables de Soleure, Lippe était prêt à racheter tout le stock d’arquebuses antichars, soit quelque 450 pièces au total, pour près de 2,5 millions de francs suisses de l’époque. La question financière n’était de toute évidence pas un problème. L’affaire fut conclue d’une poignée de main, le montant versé, et les armes emballées dans des caisses de transport puis étiquetées pour être expédiées à New York. On chargea les caisses dans des wagons à la gare de marchandises de Soleure, et la demande d’autorisation d’exportation fut déposée auprès de la Confédération. Mais comme en 1948, les autorités fédérales firent capoter l’affaire. Faute de justificatifs de paiement suffisants, la transaction fut suspendue. On déchargea les caisses et Lippe fut remboursé.

Qui était vraiment Leo Lippe?

Si Leo Lippe exerçait effectivement dans le milieu du cinéma, il n’était pas un «magnat» de l’industrie hollywoodienne, mais un caméraman accrédité spécialisé dans les effets spéciaux. Né dans le Bronx à New York, Lippe avait semble-t-il très vite quitté l’école, ce qui lui valut des difficultés en lecture et en écriture tout au long de sa vie. Sa réalisation la plus notable dans le cinéma hollywoodien est la scène d’ouverture du drame Crime Without Passion, sorti en 1934. La séquence surréaliste mettant en scène trois Furies surgissant du sang de femmes assassinées pour répandre le malheur a été filmée par Lippe, tandis que le célèbre cinéaste américain Slavko Vorkapic en assura la mise en scène. Mais comment un caméraman en est-il venu à acquérir des armes pour plusieurs millions dans l’Europe des années 1950?

Bien loin de la Californie et de son univers cinématographique, la réponse se trouve en plein cœur de Washington D.C., où la Central Intelligence Agency (CIA) eut son siège jusqu’en 1959. Leo Lippe avait été engagé par le service de renseignement extérieur des États-Unis pour acheter en Europe d’importants stocks d’armes de la Seconde Guerre mondiale. La CIA comptait les utiliser pour armer les forces anticommunistes, principalement en Asie. Lippe fut ainsi envoyé à Genève, où il séjourna dans une suite d’hôtel et se mit dans la peau d’un magnat hollywoodien. Les fonds utilisés provenaient de la CIA et avaient été virés sur le compte d’une banque genevoise. Lippe n’y connaissant rien aux armes, il s’était vu adjoindre un expert, un jeune homme de 24 ans originaire de Philadelphie du nom de Samuel «Sam» Cummings. Collectionneur d’armes passionné depuis sa jeunesse, Cummings était chargé de parcourir l’Europe à la recherche de stocks d’armes et d’en négocier l’acquisition, tandis que Lippe sollicitait les fonds à Washington et accusait réception des paiements. Selon un entretien accordé par Cummings dans les années 1990, des achats d’armes d’une valeur de 100 millions de dollars auraient été réalisés entre 1951 et 1952. Les agents de la CIA jouèrent toutefois de malchance à Soleure.

Si Leo Lippe disparut dans les méandres de l’histoire après 1952, Samuel Cummings tira pleinement parti de cette expérience. Il fonda l’entreprise de commerce d’armement International Armament Corporation (Interarmco) en 1953, quitta la CIA, bâtit un empire dans le commerce d’armes et devint l’un des plus grands marchands d’armes privés au monde. Jusqu’à sa mort, Cummings partagea sa vie entre Monaco et Villars-sur-Ollon, dans le canton de Vaud, avec son épouse originaire d’Obwald et leurs deux filles.

Le sort du stock d’armes produites à Soleure fut scellé lors de sa destruction à l’aciérie de Gerlafingen en 1961.

musée national suisse

lundi 3 août 2026

Le courage des carmélites de Compiègne

 




BLESSED CHARLOTTE OF THE RESURRECTION

Vitrail représentant le martyr

Les carmélites martyres de Compiègne, ont été guillotinées le 17 juillet 1794, à la fin de la "Grande Terreur", terrible période de la Révolution française. Elles ont été béatifiées en 1906 et canonisées par le pape François en 2024.

L'écrivain Georges Bernanos magnifie leur sacrifice dans son œuvre Dialogues des Carmélites, précédé par Gertrud von Le Fort qui le racontait dans La dernière à l’échafaud. Nous sommes en 1792, au cœur de la Révolution française. Les ordres religieux contemplatifs sont menacés de mort. Les carmélites de Compiègne, mises en péril par les révolutionnaires, sont expulsées de leur couvent en septembre.

Jusqu'à leur mort, près de deux ans plus tard, elles réciteront quotidiennement un acte de consécration à l'intention de l'Église et de la France. Mère Thérèse de saint-Augustin, prieure de la communauté, en a en effet reçu l'inspiration "pour que cette divine Paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l’Église et à l’État". Bien que n'habitant plus en communauté (elles étaient hébergées dans des maisons voisines), les sœurs prient à cette intention jusqu'à leur mort.

Des pistes de danse à l'échafaud

Parmi les religieuses, bienheureuse Charlotte. Elle est entrée au carmel de Compiègne à l'âge de 21 ans après une jeunesse agitée. Orpheline de père, elle avait mal vécu le remariage de sa mère et se soustrayait à l'autorité familiale à travers les loisirs. On dit qu'elle aimait la danse de façon démesurée. Une fois entrée au carmel, elle met du temps à prononcer ses vœux définitifs, ce qui montre un cheminement spirituel compliqué qui ne l'empêche pas de s'investir dans ses différentes fonctions d'infirmière puis de peintre du couvent.

Au début de la Révolution, elle a 74 ans. Doyenne du couvent, elle doit marcher avec une béquille. Le 23 juin 1794, au moment de la Grande Terreur, elle est arrêtée avec ses sœurs. Elles sont jugées à la hâte, condamnées puis guillotinées le 17 juillet 1794 sur l'actuelle place de la Nation.



aleteia

À l’occasion de la venue de Léon XIV

  Crédit : Lilian Cazabet / Hans Lucas via AFP À l’occasion de la venue de Léon XIV à Lourdes fin septembre, l’intégralité des mosaïques de ...