vendredi 7 août 2026

Le cardinal Parolin au Guatemala

 


Le Secrétaire d’État du Vatican, en voyage au Guatemala à l’occasion du 90è anniversaire des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, a invité la communauté internationale à revenir à une «diplomatie du dialogue» aujourd’hui substituée par la «diplomatie de la force», et à protéger les droits menacés par les idéologies, lors d’un discours adressé au corps diplomatique guatémaltèque ce ludi 3 août.

Le dialogue, pas la force. La compréhension, pas l’oppression. La diplomatie, pas l’idéologie. Depuis le Guatemala, où il se trouve en visite depuis le 1er août dernier pour célébrer les 90 ans des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin s’est exprimé sur le contexte actuel dans le monde, lors d’un discours face au corps diplomatique guatémaltèque rencontré ce 3 août. Le Secrétaire d’État du Vatican a ainsi lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle mette en œuvre les outils de la diplomatie, afin de protéger ces droits fondamentaux qui semblent perdre de leur «vitalité», laissant ainsi la place à «l’idéologie», à la «force» et à «l’oppression».

Depuis le siège de la Nonciature apostolique du Guatemala, dernière étape, ce lundi, de sa visite dans le pays à l’occasion de l'anniversaire des relations diplomatiques, le cardinal Parolin a salué «un parcours historique fondé sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et une collaboration constante» entre le Guatemala et le Saint-Siège.

Plus tôt dans la journée, il avait rencontré le président de la République, Bernardo Arévalo, puis le ministre des Affaires étrangères, Carlos Ramiro Martínez, ainsi qu’un groupe de représentants des peuples autochtones. Ils étaient déjà présents dimanche à la cathédrale métropolitaine pour la messe solennelle d’action de grâce célébrée par le cardinal qui, dans son homélie, a exhorté les autorités civiles et ecclésiastiques à construire «une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire, en brisant les dynamiques de mépris, d’indifférence et d’injustice causées par les inégalités et la corruption».

Les droits de l'homme perdent de leur vitalité

Dans son discours à la Nonciature, le cardinal Parolin a ainsi invité les diplomates guatémaltèques à mener une réflexion approfondie «sur la valeur précieuse de la voie du dialogue et de la compréhension», en particulier – a-t-il souligné – «lorsque nous observons une communauté internationale où la diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus entre toutes les parties, est remplacée par une diplomatie fondée sur la force, tant de la part d’individus que de groupes d’alliés».

«Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même le droit à la vie sont restreints au nom d’autres prétendus nouveaux droits, avec, pour conséquence, que le cadre même des droits de l’homme perd de sa vitalité et laisse place à l’idéologie, à la force et à l’oppression», a insisté le secrétaire d’État.

Cette mission, «face aux nouveautés de notre temps», a-t-il expliqué, se concrétise «en évitant les enthousiasmes naïfs ou les craintes stériles, en proposant, dans le langage de l’Évangile, des critères de discernement». Des critères tels que «la dignité de la personne, la visée universelle des biens, l’attention portée aux pauvres, la sauvegarde de la création et la paix». Des critères qui peuvent se traduire par des pratiques concrètes, telles que «la planification responsable, les évaluations de l’impact humain et social, l’inclusion des plus fragiles, l’alphabétisation numérique, la recherche et l’industrie orientées vers la justice et la paix».

Le Guatemala, un interlocuteur ouvert au dialogue

Ce sont autant de paroles qui ont trouvé un écho au Guatemala, «terre aux racines chrétiennes profondes» que saint Jean-Paul II a visitée à trois reprises, en 1983, 1996 et 2002, et qui possède «un patrimoine humain et spirituel extraordinaire», notamment grâce à la richesse des populations autochtones, souligne le cardinal Parolin. Par leurs cultures et leurs traditions, ces peuples contribuent à construire «une société toujours plus inclusive, réconciliée et solidaire».

«Le Saint-Siège a trouvé au Guatemala un interlocuteur ouvert au dialogue et sensible aux grandes valeurs qui sous-tendent la coexistence humaine: la dignité inviolable de chaque personne, la promotion du bien commun, l’attention portée aux personnes en situation de vulnérabilité et la recherche inlassable de la paix», a encore affirmé le cardinal Parolin.

Le Secrétaire d’État a également rappelé la coopération qui s’est instaurée au cours de ces neuf décennies entre ce pays d’Amérique centrale et le Saint-Siège, et qui s’est concrétisée dans des domaines tels que «l’accompagnement pastoral du peuple guatémaltèque, le service éducatif et sanitaire de nombreuses institutions ecclésiales, le renforcement de la liberté religieuse et la défense de la dignité humaine».

Remerciements à l’Église et aux institutions

Le Secrétaire d’État du Vatican a enfin conclu en remerciant les autorités guatémaltèques pour «l’esprit de collaboration» qui caractérise les relations bilatérales; les différents représentants diplomatiques accrédités auprès du Saint-Siège et les nonces apostoliques qui, au cours des quatre-vingt-dix dernières années, «ont contribué avec dévouement et sagesse au renforcement de cette amitié institutionnelle», ainsi que l’Église locale qui collabore humblement à la promotion d’«une société où prévalent la justice, le respect de la vie, la liberté, l’éducation des nouvelles générations et la sauvegarde de la création».

Dans le cadre de sa visite dans ce pays d’Amérique centrale ce dimanche 2 août, le Secrétaire d’État du Vatican a notamment rappelé que «seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain», lors de la célébration dans la cathédrale métropolitaine Saint-Jacques à l’occasion de l’anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Guatemala.

Dans son homélie prononcée dimanche 2 août lors de sa visite à Guatemala, le cardinal Pietro Parolin a notamment rappelé que «seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain. Et pas seulement la faim de pain, mais aussi la soif de sens, d’amour, d’espoir, la soif d’une vie pleine, abondante, d’une vie éternelle».

«En effet, la volonté d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile l’amène à embrasser l’humanité tout entière et à ne fermer aucune voie susceptible de mener à la construction d’une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire, en brisant les dynamiques du mépris, de l’indifférence et des injustices provoquées par les inégalités et la corruption», a poursuivi le cardinal Pietro Parolin.

«Les salutations chaleureuses» du Pape Léon XIV

Après avoir visité la maison de retraite Mère Teresa de Calcutta, le Secrétaire d’État a présidé la célébration eucharistique à laquelle ont participé différentes autorités ecclésiastiques, diplomatiques et civiles, dont le président, la vice-présidente et les évêques guatémaltèques. Le nonce apostolique, des prêtres, des religieux et des centaines de fidèles étaient également présents.

Dès le début de son homélie, le cardinal a transmis les salutations du Saint-Père au peuple du Guatemala. «En ce début de moment de réflexion, je tiens tout d’abord à vous transmettre les salutations chaleureuses de Sa Sainteté, le Pape Léon XIV, qui pense beaucoup à vous et m’a demandé de vous faire part de sa proximité et de sa bénédiction paternelle

«Seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l'être humain»

Rappelant ensuite la raison de sa visite au Guatemala - du 1er au 4 août pour célébrer le 90è anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Guatemala et le 400è anniversaire de la naissance du frère Pedro, premier saint du Guatemala (Saint Pierre de Betancur) -, le cardinal Parolin a souligné que la providence divine n’a jamais abandonné le peuple guatémaltèque, ni l’Église qui chemine sur ces terres.

“Ces deux événements historiques, éclairés par la Parole de Dieu que nous venons d’entendre nous présente un thème central: seul Dieu peut apaiser la faim la plus profonde de l’être humain. Et pas seulement la faim de pain, mais aussi la soif de sens, d’amour, d’espoir, la soif d’une vie pleine, abondante, d’une vie éternelle.”

«Donnez-leur à manger»

Commentant l’Évangile de ce dimanche, le Secrétaire d’État a indiqué que c’est dans cette réalité humaine que l’Église trouve sa véritable vocation: apporter le pain de la Parole et le pain de l’Eucharistie aux hommes et aux femmes de tous les temps et de tous les lieux, en suivant le commandement de Jésus. «Donnez-leur à manger» est une «invitation qui résonne toujours avec force et nous conduit nécessairement à la rencontre de l’autre, là où il se trouve et quelle que soit sa situation, en criant comme le prophète Isaïe: que tous ceux qui ont soif viennent chercher de l’eau, et que ceux qui n’ont pas d’argent viennent et mangent». C’est une «invitation exigeante de Dieu, “Donnez-leur à manger”, qui nous exhorte à ne pas rester indifférents face aux besoins de nos semblables».

Remettre entre les mains de Jésus le peu que nous possédons

De même, le cardinal Parolin a déclaré que, face aux besoins du monde, à la pauvreté, à la solitude, à l’injustice et à la souffrance, qui sont souvent les conséquences de la corruption, nous pourrions penser qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Mais Jésus nous invite à faire ce que nous avons.

«Même si nos cinq pains et nos deux poissons semblent insuffisants, tout comme nos modestes capacités dont nous ne sommes que les intendants, le miracle commence précisément lorsque les disciples remettent entre les mains de Jésus le peu qu’ils possèdent. Il en va de même dans notre vie: lorsque nous offrons au Seigneur notre temps, nos capacités, notre générosité, et même nos limites, Il multiplie ces dons pour le bien de tous.»

Le programme de la visite du cardinal Parolin

La visite du cardinal Parolin au Guatemala réaffirme les liens historiques d’amitié, de coopération et de dialogue entre le Saint-Siège et ce pays d’Amérique centrale. En arrivant le 1er août, il a été accueilli par la vice-ministre des Affaires étrangères, María Luisa Ramírez.

Le lendemain, après sa visite à la maison de retraite Mère Teresa de Calcutta, le Secrétaire d’État s’est rendu à la cathédrale métropolitaine de Guatemala, avant de visiter le sanctuaire du Frère Pedro.

Ce lundi 3 août, le cardinal Parolin s’entretient avec le président du Guatemala, Bernardo Arévalo. Il rencontre ensuite les représentants des peuples autochtones. Le cardinal est enfin attendu par le ministre des Affaires étrangères, Carlos Ramiro Martínez, puis les représentants du corps diplomatique.

Enfin, le mardi 4 août, le secrétaire d’État rencontrera les évêques et les prêtres du pays. La visite s’achèvera par la célébration eucharistique au sanctuaire archidiocésain de l’Adoration perpétuelle, situé à Mixco, deuxième plus grande ville du Guatemala.



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