vendredi 23 janvier 2026

Le père Colin, fondateur des Maristes et éducateur hors pair

 



Le père Colin, fondateur des

Maristes et éducateur hors pair

Père Jean-Claude Colin, fondateur des Maristes.

L’année 2025 marque les 150 ans de la mort du père Jean-Claude Colin (1790- 1875), fondateur des Maristes. Dans une France déchirée par la Révolution, il se consacra à la transmission des connaissances profanes et religieuses dans les écoles et les séminaires. Il a également organisé l’envoi de quinze prêtres et frères en mission dans le Pacifique Sud-Ouest.

Àpartir de 1828, le père Colin est directeur d’une école de 200 étudiants à Belley, entre Lyon et Chambéry. Sans expérience dans ce domaine, il se dévoue avec zèle à "la tâche sublime et céleste d’éduquer une personne à la manière chrétienne". Pour lui, l’éducation est "comme une seconde création", on ne trouve "rien de plus élevé".

Un éducateur doit montrer l’exemple pour former les caractères, les cœurs et les vertus, en étant lui aussi régulièrement formé. La qualité de vie et de relation compte autant que la qualité de l’enseignement. Quand il écrit aux professeurs de son école, il leur exprime sa solidarité en utilisant le pronom "nous". Certains le traitent de fou…

Profondément modeste, il n’a pas d’ambition personnelle ni d’intérêt propre. C’est sans enthousiasme qu’il accepte en 1836 l’appel de ses confrères à prendre la responsabilité de la Société de Marie nouvellement créée. Il répond à la sécularisation de son temps par une conduite de telle sorte que les Maristes "apparaissent inconnus et comme cachés dans le monde", à l’image de Marie à Nazareth.

Tendre la main

Pour le père Jean-Claude Colin, l’autorité du professeur est nécessaire pour faire face aux différents clans d’étudiants et à l’insurrection au collège-séminaire en 1830 suite à la Révolution de juillet. Cependant, pour le père Colin, l’autorité doit être gagnée par le respect, plutôt qu’inspirée par la peur. La discipline, spécialement les récompenses et les punitions, doit prendre en compte la mentalité de l’élève et exclut les châtiments corporels de son temps. 

Les éducateurs de l’école du père Jean-Claude Colin sont appelés à être « des instruments de la miséricorde divine.

Le père Jean-Claude Colin est déterminé à contrecarrer le rigorisme d’une partie du clergé de l’époque dans l’enseignement moral. Il accueille les jeunes à l’endroit où ils se trouvent dans leur chemin de foi, et leur parle avec simplicité et détachement sans imposer son point de vue. Il insiste sur le fait que les missionnaires sont sujets aux mêmes faiblesses que leurs auditeurs et qu’en conséquence "ils savent jusqu’où peut aller la fragilité humaine". Les éducateurs de l’école du père Jean-Claude Colin sont appelés à être "des instruments de la miséricorde divine", car les Maristes portent le souci du monde, particulièrement de ceux perdus ou loin de Dieu. Le messager s’efface devant le message.

Transmettre dans une époque pleine de troubles et de défis

Né un an après la prise de la Bastille dans un petit village du Beaujolais entre Roanne et Lyon, Jean-Claude Colin perd à l’âge de cinq ans ses deux parents suite aux privations endurées du fait de leur soutien à un curé réfractaire. Il se souvient de messes clandestines et de prêtres fugitifs dans son enfance. La jeunesse de son temps est désorientée, la morale mise à mal, la vie sociale anarchique et l’Église divisée. Dans ce contexte, la Société de Marie se donne pour mission de recommencer une Église nouvelle et fonde un enseignement novateur. Ses intuitions demeurent actuelles.

Le père Colin répète une parole attribuée à Marie : "J’ai été le soutien de l’Église naissante, je le serai jusqu’à la fin des temps". Quand il donne sa démission de Supérieur Général de la Société de Marie en 1854, il a établi des bases solides et a créé ou relancé six écoles. 

Aujourd’hui la dizaine d’établissements scolaires français placés sous la tutelle des Pères Maristes, et ceux à l’étranger, conservent des traits typiques d’éducation mariste : une gaieté saine et une attention à chaque individu. Les professeurs y dispensent un enseignement approfondi, avec douceur, sans juger, tout en gardant une relation verticale avec les élèves.



aleteia

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