dimanche 12 juillet 2026

La communauté Saint-Martin, cinquante ans de vie sacerdotale au service des diocèses

 

ordinations diaconales, 2025.

La communauté Saint-Martin célèbre en 2026 un demi-siècle de vie sacerdotale communautaire au service des diocèses. Entre formation exigeante, vie fraternelle et missions variées, elle continue d’attirer des vocations et de s’ancrer durablement dans le paysage ecclésial français.

"Servir" : c'est ainsi que pourrait se résumer, en un mot, le charisme de la communauté Saint Martin, qui fête, en 2026, les 50 ans de sa création. Fondée en 1976, cette communauté de prêtres conserve aujourd’hui un élan missionnaire intact. Signe de cette fécondité : les 19 et 20 juin, 12 prêtres et 10 diacres seront ordonnés en la basilique Notre-Dame de l’Épine.

La communauté Saint-Martin naît à l’initiative de l’abbé Jean-François Guérin (qui fait aujourd'hui l’objet d’une enquête ecclésiale portant sur sa gouvernance, ndlr*), qui rassemble un petit groupe de jeunes aspirants au sacerdoce désireux de vivre une formation exigeante, à la fois spirituelle, communautaire et intellectuelle. Dans le contexte du renouveau post-conciliaire, le projet se structure rapidement avec l’accueil des premiers membres à Voltri, près de Gênes, sous la protection du cardinal Siri, afin de former des prêtres diocésains vivant en communauté. Dès les années 1980, la communauté commence à recevoir des missions pastorales en France et se déploie progressivement dans plusieurs diocèses. Elle compte à ce jour 186 prêtres et 20 diacres, répartis dans 52 communautés locales (paroisses, sanctuaires et lieux d'éducation) et dans cinq pays différents : la France, l’Italie, Cuba, l’Allemagne et l’Autriche.

L'intuition fondatrice : conjuguer vie fraternelle, formation et mission. "Lorsque la communauté est née en 1976, c’était difficile de voir à vue humaine ce qu’elle allait devenir", confie à Aleteia Don Paul Préaux, le modérateur de la Communauté. "Aujourd’hui, elle a grandi et a pu se déployer, pour servir l’Église universelle, dans plus de cinquante implantations. Parmi les beaux fruits, la Maison de formation, qui accueille, chaque année, des jeunes hommes en propédeutique et les aide à répondre à l’appel de Dieu."

Une formation multidimensionnelle

Vincent a 35 ans. En deuxième année de philosophie à Évron, il fait partie des 117 séminaristes et propédeutes de la communauté Saint-Martin. Avant son entrée au séminaire, il travaillait à Barcelone, lançait un projet d’entreprise et vivait une relation de couple, loin de toute perspective sacerdotale. Jusqu'à une nuit de l'âme. "Je me sentais perdu. Je ne savais pas où aller. J'ai crié vers le Ciel et j'ai dit à Dieu que je voulais arrêter de faire ma volonté pour faire la Sienne". Peu après, une rencontre à Lourdes avec un prêtre de la communauté, en confession, agit comme un déclic : il dit s’y être immédiatement senti "à la maison". "Ce qui m’a marqué, c’est la vie communautaire qui aide à travailler la charité pastorale, le soin apporté à la liturgie, la fraternité très concrète entre les prêtres et la place donnée à la formation", résume le séminariste.

Cette formation, exigeante, se déroule sur sept ans. "Elle est longue, mais nécessaire", explique à Aleteia Don Amaury, économe et formateur de la Communauté à Evron. "Avant de faire des prêtres, il faut faire des chrétiens, et encore avant, des hommes. L'objectif est de favoriser une certaine maturité affective, spirituelle, et la capacité à assumer des responsabilités. C'est une formation intégrale, qui prend en compte toutes les dimensions de la personne : intellectuelle, spirituelle, humaine", poursuit-il.

Une fois ordonnés diacres, puis prêtres, les séminaristes sont envoyés par équipes de trois ou quatre dans les multiples missions des diocèses de France, mais aussi à l'étranger. Cette vie communautaire et diocésaine, explique Don Paul Préaux, "est exigeante, mais elle est destinée à soutenir les membres de la Communauté dans leur sanctification et dans leur mission." "Il y a une sorte d’échange des dons entre les prêtres qui sont incardinés dans le diocèse et y sont donc enracinés et ceux qui viennent, comme nous, de communautés. Cela tisse un lien entre l’Église universelle et chaque diocèse", souligne Don Antoine Barlier, prêtre formateur à la Maison de formation.

Sanctuaires, écoles...

Les prêtres de la communauté Saint Martin peuvent aussi être affectés dans des sanctuaires, comme à Notre-Dame de Montligeon (Orne). Don Paul Denizot en est le recteur depuis huit ans. Le sanctuaire, qui accueille environ 160.000 visiteurs par an, propose toute une pastorale autour de l'accompagnement du deuil et la prière pour les défunts. "La particularité du sanctuaire est d'avoir une double dimension : faire vivre une fraternité de prière et annoncer l’espérance chrétienne face à la mort", explique Don Paul Denizot.

Ici aussi, la communauté Saint Martin contribue à cet "esprit de famille", en étroite collaboration avec les salariés, les bénévoles et les sœurs de la Nouvelle alliance. "Le fait de vivre notre ministère en communauté rayonne vraiment sur le sanctuaire. Cela donne une forme de puissance à notre pastorale. Mais c'est aussi très exigeant", concède Don Paul Denizot qui tient à casser l'image d'une vie de communauté où tout serait "idyllique". "La vie commune peut faire souffrir. C'est le cas pour tout le monde, et les prêtres ne sont pas épargnés. C’est comme une vie de famille : cela implique des sacrifices, de la patience, de l’écoute, de la remise en question."

Don Etienne Peltre sera ordonné prêtre ce samedi 20 juin. Avant d'être nommé à la paroisse d'Oullins, en périphérie de Lyon, ce jeune diacre de 29 ans a passé son année de diaconat à la paroisse de Montrichard et Pontlevoy. Avec trois prêtres et un séminariste stagiaire, il participe à la direction du collège-lycée de Pontlevoy, établissement privé sous contrat. "Nous avons essentiellement la charge de l'internat, mais aussi la gestion de la vie quotidienne de l'établissement", explique Don Etienne. A côté, la paroisse de Montrichard comporte douze clochers qu'il faut desservir avec la même énergie.

"Ce matin par exemple, je donnais des cours de culture chrétienne, et cet après-midi je rends visite aux personnes âgées en EHPAD. C'est une mission très riche, assez spécifique en raison de la place accordée à l'établissement scolaire et de notre forte présence auprès des jeune". Le futur prêtre dit s’être senti immédiatement accueilli par la paroisse, au contact de familles heureuses et enthousiastes de la présence de la communauté Saint-Martin.

Humilité et prudence

Car il faut le dire, la communauté Saint Martin a le vent en poupe, notamment auprès des fidèles. Un "succès" que ses responsables regardent avec prudence et humilité. "Le mot succès me fait peur. C’est une réalité assez fugace et en tout cas très humaine", confie ainsi Don Paul Préaux qui lui préfère celui de "dynamisme". "Cela nous rapproche plus de l’élan de vie que nous donne l’Esprit saint."

"Don Paul Préaux se bat contre la tentation de l’orgueil. Notre but est de suivre le Christ dans son Église. Tout doit concourir à la gloire de Dieu", approuve de son côté Don Paul Denizot. C'est d'ailleurs cet esprit qui anime les futurs prêtres de la Communauté. "Nous sommes avant tout au service de l'Église. Je m'apprête à recevoir le sacerdoce et je ne sais pas de quoi ma vie sera faite : serai-je envoyé auprès de ruraux, de citadins, dans les banlieues ou les quartiers plus aisés, auprès des jeunes ou des personnes âgées ?", s'interroge Don Étienne Peltre. Et de conclure : "Au fond, cela importe peu. Nous sommes là pour aller à la rencontre de chacun et témoigner du Christ dans la charité fraternelle."


aleteia

vendredi 10 juillet 2026

Hospices de Beaume

 



Les hospices de Beaune (ou hôtel-Dieu de Beaune) sont un hôtel-Dieu ou hospice de style gothique flamboyant[2] avec toiture en tuile vernissée de Bourgogne, fondé au XVe siècle par le chancelier des ducs de Bourgogne Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins à Beaune en Bourgogne.

Il est un des plus célèbres du monde, tant par sa fastueuse et remarquable architecture traditionnelle bourguignonne que par son prestigieux domaine viticole bourguignon dont la production est historiquement vendue aux enchères pour financer son fonctionnement, sous le nom de vente des hospices de Beaune. Actif jusque dans les années 1960, classé aux monuments historiques depuis 1862, inclut au patrimoine mondial au titre des Climats du vignoble de Bourgogne, il est à ce jour un musée d'histoire de la médecine et expose entre autres le polyptyque Le Jugement dernier de Rogier van der Weyden.

C'est le monument le plus visité de la région Bourgogne-Franche-Comté (devant la Citadelle de Besançon et devant le château de Guédelon)[3].

Les Hospices civils de Beaune

Les hospices civils de Beaune, nés dans l'hôtel-Dieu, regroupent actuellement :

  • Le centre hospitalier Philippe Le Bon de court séjour de Beaune, ouvert en 1971
  • Le Centre Nicolas Rolin de long et moyen séjour
  • Deux structures d'hébergement pour personnes âgées dépendantes : Saint Luc et la charité/Rousseau Deslandes
  • L'hôtel-Dieu des hospices de Beaune, les bâtiments historiques devenus musée
  • Un domaine viticole qui permet les célèbres ventes aux enchères

Historique

En 1441, à la fin de la guerre de Cent Ans, après avoir hésité entre Autun et Beaune, Nicolas Rolin, richissime chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et son épouse Guigone de Salins fondent cet hôtel-Dieu richement doté, proche de la collégiale Notre-Dame de Beaune du XIIe siècle, et de l'hôtel des ducs de Bourgogne de Beaune du XIVe siècle, siège du Parlement de Bourgogne.

Beaune est choisie pour son important taux de passage et pour son absence de grande fondation religieuse. L'influence flamande se fait sentir dans cette importante cité d'un État bourguignon qui s’étend alors jusqu'aux Pays-Bas.

Les premières démarches du chancelier commencent en 1441, en sollicitant le pape Eugène IV[4] et le duc de Bourgogne. Le est signé l'acte de fondation.

« Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d’août, en l’an de Seigneur 1443 […] dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels […] je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère… »

L'établissement est indépendant de tout ordre religieux. Les terrains nécessaires sont progressivement acquis, et les travaux commencent. Les bâtiments se présentent sous la forme d'un U autour d'une cour d'honneur, qui sera clos au XVe siècle d'une grange, puis du bâtiment XVIIe actuel sur son côté nord-ou

Chapelle et cimetière sont bénis les 30 et . Le , ce « palais pour les pauvres malades » accueille ses premiers patients. Vieillards, infirmes, orphelins, malades, parturientes, indigents, fréquenteront gratuitement l'institution, du Moyen Âge au XXe siècle.

En 1459, le chancelier Rolin obtient la création de l'ordre des sœurs hospitalières de Beaune, dont la règle associe vie monastique et soins aux pauvres et aux malades. Après la mort du chancelier (en 1462), et six ans de procès contre son beau-fils, le cardinal d'Autun, sa femme récupère la direction de l'établissement. Elle y meurt en 1470.

Un incendie en 1500 oblige à reprendre les combles nord, reconstruits plus sobrement.

D'autres salles s'ouvriront par la suite, comme la salle Saint-Hugues en 1645, qui sera réservé aux hommes à la demande de Louis XIV en 1658, tandis que l'historique salle des pôvres sera réservée aux femmes. Une grange à grain fermera la seconde cour, au sud, en 1659, et sera reconstruite en 1738 pour donner l'actuel bâtiment des greniers. La salle Saint-Joseph a ensuite été aménagée en 1830

Un nouvel hôpital est ouvert en 1971 au nord de Beaune, permettant le déménagement des activités de soins. Le séjour des personnes âgées dans les bâtiments historiques (salles Saint-Hugues et Saint-Nicolas) cessera au cours des années 80, permettant la restauration et l'ouverture à la visite de ces espaces. L'hôtel-Dieu de Beaune est un élément majeur de l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco des Climats du vignoble de Bourgogne en 2015, qui incluent, en plus des parcelles viticoles, les villes de Beaune et de Dijon.

Description

La façade extérieure, relativement austère, contraste avec la richesse de la décoration de la cour d'honneur, avec ses célèbres toits en tuile vernissée de Bourgogne, et celle de l'intérieur de l'édifice. Le choix de l'ardoise pour le grand bâtiment date de la fondation du chancelier. Ce matériau était encore peu employé dans la région, et donc plus prestigieux que les tuiles. Il n'a pas été possible jusqu'à présent de déterminer à quelle époque des tuiles vernissées ont été employées pour la première fois sur ce bâtiment - déjà présentes sur la maquette du XVIIIe siècle. Les décors de faitage ont été largement restaurés et augmentés aux XIXe et XXe siècles, par exemple avec l'ajout de gargouilles[5].

Cour d'honneur

De forme rectangulaire, elle comporte un puits à eau en ferronnerie gothique. Elle donne vue sur les différents bâtiments aux toits en tuile vernissée de Bourgogne, technique probablement originaire d'Europe centrale, devenue caractéristique des monuments bourguignons (la grande salle est couverte d'ardoises de Trélazé).

Ces tuiles ont quatre couleurs (rouge, brun, jaune et vert) formant des motifs d'entrelacs géométriques. Elles ont été reconstruites entre 1902 et 1907 par Sauvageot qui a recréé des motifs personnels, les dessins originaux ayant été perdus. Les parties nord, est et ouest comprennent deux étages à galerie, avec colonnettes de pierre au rez-de-chaussée et de bois au premier, permettant le passage à l'abri des sœurs soignantes. De nombreuses lucarnes arborent des décorations sculptées en bois et en ferronnerie.

Grande salle « des pôvres »

De dimensions imposantes (près de 50 m de long, 14 m de large et 16 m de haut), elle est couverte d'une charpente monumentale apparente et peinte, en forme de toit en carène de bateau renversée, couverte d'ardoise de Trélazé. Les ardoises étant importées elles avaient plus de valeur que les tuiles vernissées, ce qui explique que ce bâtiment, qui donne sur la rue, était qualifié de "palais des pôvres". Les poutres traversières sortent d'engoulants : gueules de dragons multicolores qui évoquent les monstres de l'enfer. De petites têtes sculptées, représentant des caricatures des bourgeois beaunois dont les visages sont accompagnés de tête d'animaux qui symbolisent leurs défauts respectifs, rythment les travées. Le carrelage comprend le monogramme de Rolin et sa devise : « Seulle * ». Ce mot accompagné de l'étoile signifie que sa femme, Guigone de Salins est la seule dame de ses pensées, ou fait référence à sa dévotion pour la Vierge (comme le tableau La Vierge du chancelier Rolin).

La salle est occupée par deux rangées de lits à rideaux bordant les murs sud et nord, la place centrale étant réservée aux tables et aux bancs pour les repas. Le mobilier a été reconstitué en 1875 par Maurice Ouradou[6] (le gendre de l'architecte Viollet-le-Duc). Deux patients pouvaient se coucher sur chaque lit. Derrière chaque lit, un coffre permettait de ranger les vêtements des malades. Un couloir comportant une banquette équipée de chaises d'aisance court le long du mur derrière les rideaux.

Chapelle

Elle fait partie intégrante de la salle des « pôvres » et était décorée, à l'origine, du polyptyque du Jugement dernier, du peintre flamand Rogier van der Weyden, fermé en semaine et ouvert pour les dimanches et fêtes solennelles. Guigone de Salins y repose. Un jubé en bois sépare, depuis la restauration des bâtiments, chapelle et salle des malades.

Salle Sainte-Anne

Située au sud, au contact de la salle des « pôvres », et dédiée à sainte Anne, d'une capacité de quatre lits.

Salle Saint-Hugues

Voisine de la dernière, elle a été créée en 1645 et comprend quelques lits destinés à des malades plus aisés. Elle est remarquable par ses peintures murales d'Isaac Moillon représentant différents miracles du Christ ainsi que saint Hugues, en évêque et chartreux. Il est aussi représenté sur le retable de l'autel, ressuscitant des enfants morts de la peste. Cette salle de malades a été réaménagée dans son décor du XVIIe siècle.

Salle Saint-Nicolas

Située au sud-ouest de la cour d'honneur, et dédiée à saint Nicolas, elle était destinée aux malades les plus graves, avec 12 lits. Elle sert actuellement de salle d'exposition sur l'histoire des Hospices et de son vignoble. Un pavage de verre permet de voir couler la Bouzaise qui servait à l'évacuation des eaux usées.

Salle Saint-Louis

Dédiée au roi Saint Louis, elle ferme la cour au nord et a été construite en 1661 à l'emplacement d'une grange. Cette pièce contient de beaux coffres gothiques, une fontaine et deux séries de tapisseries du XVIe siècle, dont l'une tissée à Tournai raconte en sept épisodes la parabole du Fils prodigue et l'autre provenant de Bruxelles évoque l'histoire de Jacob. Elle présente également l'activité viticole des Hospices.

Salle Polyptyque du Jugement Dernier

Les Hospices de Beaune abritent une œuvre remarquable, peinte au XVe siècle, le polyptyque du Jugement dernier du peintre flamand Rogier van der Weyden, polyptyque à volets mobiles rectangulaires, composé à l'origine de neuf panneaux de chêne à fil vertical peints, dont six sur les deux faces initialement exposées dans la chapelle des « pôvres » malades.

Probablement réalisé entre 1446 et 1452, ce retable a d'abord été attribué à Jan van Eyck en 1836 avant d'être attribué à Rogier van der Weyden en 1843. Scié sur toute l'épaisseur des panneaux, l'envers et l'endroit (correspondant aux positions ouverte et fermée) sont exposés conjointement dans une même salle spéciale climatisée.

Cuisine

Dotée d'une vaste cheminée à deux foyers, elle est meublée de différents éléments dont un tourne-broche automatisé datant de 1698, animé par un petit automate en costume traditionnel appelé « Messire Bertrand » qui semble tourner la manivelle en veillant aux activités de la cuisine.

La cuisine est aujourd'hui présentée comme elle était au début du XIXe siècle avec son grand fourneau muni de deux robinets d'eau chaude appelés « cols de cygne ». Une statue de sainte Marthe et la Tarasque, en bois polychrome (XVe siècle), veille sur la pièce, encadrée de bassines de cuivre.

Apothicairerie (laboratoire et pharmacie)

Cette apothicairerie comprend deux petites pièces avec ses étagères de flacons et de fioles. La première salle (le laboratoire) présente un mortier en bronze doté d'un arc accroché au pilon permettant d'alléger son poids et ainsi de faciliter le travail des apothicaires lors de la préparation des remèdes. Dans la deuxième salle (la pharmacie), les étagères présentent une collection de 130 pots de faïence datés de 1782 dans lesquels étaient conservés plantes médicinales, onguents, huiles, pilules et sirops de la pharmacopée des simples médecines.

Cour des fondateurs et bâtiment des greniers

La cour des fondateurs est située entre le bâtiment sud de la cour d'honneur et le bâtiment dit des greniers. Elle abrite un jardin, avec deux statues (Nicolas Rolin et Guigone de Salins), et offre une vue sur le jardin de l'Ehpad, au sud-ouest, qui est toujours en activité au sein de l'Hôtel-Dieu.

À l'étage : galerie haute, chambre du Roy et dortoirs des sœurs

Deux escaliers, aux angles de la cour d'honneur, permettent d'attendre la galerie haute qui dessert les salles des deux bâtiments au sud-ouest de la cour. Cela permettait notamment d'accéder à d'anciennes salles situées au-dessus des salles Sainte-Anne et Saint-Hugues, ainsi que les salles situées au-dessus des cuisines et de l'apothicairerie. Ces dernières ont été transformées en salles de réunion, cependant la salle dite "Chambre du Roy" a conservé son décor XVIIè siècle. La chambre du Roy correspond à l'ancienne chambre du fondateur, et était située au-dessus de la chambre de son épouse. Elle porte le nom de chambre du Roy depuis que Charles VIII y a dormi.

Ancienne cuverie et anciennes caves

Au-delà du bâtiment des greniers une cour est entourée par l'ancienne maternité et l'ancienne cuverie des Hospices. Depuis la cuverie il est possible de rejoindre les caves. Une ancienne cave à vin voûtée médiévale de plus de 300 m est construite sous les Hospices de Beaune. La réserve particulière de vin des Hospices y est conservée. Cette cave est ouverte à la visite publique durant des visites guidées et durant la vente des hospices de Beaune. Deux autres caves ont été achetées et sont reliées à cette première cave par une galerie. Cette cuverie et ces caves ne sont plus utilisées depuis que les hospices ont déménagé dans un nouvel hôpital au nord de Beaune, où des cuveries et des caves modernes ont été construites.

Vignoble et vente de charité des vins des hospices

Les Hospices de Beaune sont propriétaires d'un domaine viticole bourguignon grâce à des dons et des héritages de riches seigneurs bourguignons du Moyen Âge depuis 1471 et à cinq siècles de gestion du patrimoine. Il comporte actuellement près de 60 hectares situés notamment dans le vignoble de la côte de Beaune et vignoble de la côte de Nuits, dont la plupart des parcelles sont situées dans des zones d'appellation premiers crus et grands crus d'exceptions. Les quarante-et-une cuvées de prestige obtenues sont vendues depuis 1859 sous forme d'enchères, le troisième dimanche de novembre sous le nom de vente des hospices de Beaune. Le résultat des ventes est consacré entièrement au fonctionnement charitable et religieux des anciens hospices et des nouvelles institutions hospitalières civiles et laïques. La vente se déroulait initialement dans la chambre du Roy, puis dans la cuverie. Elle a désormais lieu dans la halle de Beaune. Un dîner de gala se tient dans un bastion médiéval de l'enceinte de Beaune.

Philatélie

  • En 1941, un timbre de 5 francs brun-noir est émis. Il représente la cour d'honneur de l'Hôtel-Dieu. Il porte le no YT 499.
  • En 1942, un timbre de 15 francs brun-carminé est émis. Il représente la cour d'honneur de l'Hôtel-Dieu (même visuel que le timbre précédent). Il porte le no YT 539.
  • En 1943, un timbre de 4 francs bleu est émis. Il représente Nicolas Rolin et Guigone de Salins d'après le tableau de Roger de la Pasture et le porche de l'Hôtel-Dieu. Il a bénéficié d'une vente anticipée le à Beaune. Il porte le no YT 583.
  • En 2003, un timbre de 0,50 euro multicolore est émis. Il représente les toits de l'Hôtel-Dieu. Il porte le no YT 3597[7].

Hospices de Beaune au cinéma

Notes et références

  1. Notice no PA00112112 [archive], sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Les Hospices de Beaune [archive] », sur Beaune et le Pays Beaunois Tourisme, (consulté le ).
  3. Dimitri Imbert, « La Citadelle de Besançon devient le deuxième site touristique payant le plus visité de Bourgogne-Franche-Comté [archive] », sur francebleu.fr,
  4. Jean-Louis Mestre, « Les Fondations dans l'Histoire », in Charles Debbasch (dir.) Les Fondations : Un mécénat pour notre temps ?, Economica, Presses Universitaires d'Aix-Marseille, novembre 1987, p.13.
  5.  Pierre Jugie, « L'Hôtel-Dieu de Beaune », Congrès archéologique de France, vol. 1994, no 152, , p. 203-209 (lire en ligne [archive]).
  6. Site web consacré aux hospices de Beaune [archive].
  7. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1.

Bibliographie

  • Jules Guiffrey, Les tapisseries de l'hôpital de Beaune, dans Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 1887, p. 239-249 (lire en ligne) [archive]
  • Étienne Bavard, Jean-Baptiste Boudrot, Hôtel-Dieu de Beaune, 1443-1880, Mémoires de la Société d'histoire d'archéologie et de littérature de l'arrondissement de Beaune, Beaune, 1881 ; 365p. (lire en ligne) [archive]
  • Roland de Narbonne (textes), Michel Tiziou (photographies), Hôtel Dieu, Beaune, éditions Service d'Editions Régionales, 1992 (ISBN 978-2907701358),
  • Nicole de Reyniès, Brigitte Fromaget, Michel Rosso (photographe), Les Tapisseries des hospices de Beaune, Côte-d'Or, Inventaire du patrimoine (collection Images du patrimoine), Paris, 1993 ; 64p. (ISBN 978-2-90472706-1)
  • Brigitte Fromaget, Claudine Hugonnet-Berger, L'Hôtel-Dieu de Beaune, Somogy éditions d'art, Paris, 2005 ; 128p. (ISBN 978-2-85056835-0)
  • Laurent Gotti, Hospices de Beaune, La Saga d'un hôpital-vigneron, éditions Féret, (ISBN 978-2351560488),
  • Marie-Thérése Berthier, John-Thomas Sweeney, Histoire des Hospices de Beaune, Vins, domaines et donateurs, Guy Trédaniel Editeur, (ISBN 978-2-8132-0499-8).

Articles connexes

Liens externes


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