samedi 18 juillet 2026

Dans les Hautes-Alpes, l’église Saint-Marin ressuscite après 40 années de fermeture

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Église Saint Martin de Villar d'Arène, dans les Hautes-Alpes.


Pendant 40 ans, l'église Saint-Martin de Villar-d'Arêne, dans les Hautes-Alpes, est restée fermée, menacée de démolition. Mais 1.500 donateurs, une association déterminée et une équipe de dix bénévoles ont refusé de laisser mourir ce patrimoine sacré. Ce dimanche 12 juillet, cette église néogothique rouvre ses portes, incarnant la persévérance face aux défis.

Sur la place du petit village de Villar-d'Arêne, au cœur du massif des Écrins, le clocher néogothique de l'église Saint-Martin de Tours défie les cimes. Un phare montagnard niché à 1.650 mètres d'altitude, pourtant fermé depuis 40 ans. Mais bonne nouvelle, l'église rouvrira ses portes ce dimanche 12 juillet après plus de dix années de travaux, la mobilisation inédite de 1.500 donateurs et la persévérance de nombreux bénévoles. Une cérémonie au cours de laquelle Mgr Xavier Malle, évêque de Gap et d'Embrun, bénira les travaux et redonnera officiellement l'église au culte. Un événement très attendu parmi les quelques fidèles de cette commune d'à peine 330 habitants.

Quarante ans de fermeture

Inaugurée en 1870, l'église est contrainte de fermer ses portes en 1986, du fait de la dégradation générale de son état. De nombreuses fissures sont constatées par les paroissiens, l'air s'engouffre et, avec la baisse de la pratique religieuse, les paroissiens cessent progressivement de s'y rendre pour la messe. D'autant qu'une chapelle se trouvant à quelques encablures de là, plus confortable que l'église, fait déjà office de lieu de culte pour les fidèles. Pendant près de 40 ans, Saint-Martin de Tours sert d'entrepôt pour le village. "La fermeture officielle date de 1996. Pendant vingt ans, elle fait office de grand local pour la commune", explique Anne-Marie Martin, présidente de l’association des Amis de l’église, créée en 1995. La messe semble dite.

Mobilisation d'acteurs publics et privés

Mais c'est sans compter l'arrivée du père Jean-Pierre Mollon à Villar-d'Arêne, dans les années 2000. Choqué de la manière dont le lieu de culte est utilisé, il prend les choses en main avec l'association des Amis de la paroisse. Comment alors une longue lutte pour sauver l'église. "Dans les années 2000, l'édifice a frôlé la démolition. Mais elle coûtait trop cher à la commune", confie Anne-Marie. À partir de 2015, toutes les solutions pour récolter des subventions sont écumées par l'association : concours, dossiers... Les bénévoles se démènent pour trouver des fonds et un grand nombre d'acteurs, privés comme publics, se mobilisent. La région apporte 40% du budget nécessaire, le département 15%. L'église est construite en terrain instable, les fondations sont donc ceinturées. Le clocher voit ses vitraux rapidement refaits. 440.000 euros sont collectés pour la première phase de travaux, même chose pour la deuxième. Au total, ce sont plus de 1.500 donateurs, dont des Suisses et des Belges, qui permettent la réfection du mobilier de l'église. Le diocèse aussi contribue grandement en finançant par exemple des lustres chauffants. "Mgr Malle a été un soutien de la première heure, souligne Anne-Marie. On disait que c'était la seule église fermée du diocèse et comme il venait de Tours, ça a attiré son attention. Il est plusieurs fois venu nous voir. Ce fut une aide morale importante."

Mais ce projet est loin de faire l'unanimité parmi les habitants du village. Plusieurs maires s'opposent à sa réfection. "Pourquoi donc mobiliser autant d'argent pour une église aussi grande - 290 places - mais si peu de fidèles ? Voilà ce que beaucoup nous disaient", relève le père Jean-Pierre Mollon, curé de l'église. Les fidèles se réunissant pour la messe du dimanche à Villar-d'Arêne ne sont en effet qu'une dizaine. Un chiffre qui s'élève à une trentaine pendant les vacances, lorsque les touristes affluent.

Un lieu de vie, au-delà du culte

Aujourd'hui, l'église retrouve sa vocation. "Au niveau architectural, c'est un phare. Elle est en pierres du pays, c'est un repère pour les gens !", lance le père Mollon. Et Anne-Marie d'abonder : "Elle incarne la force et la paix des églises de montagne : un havre de repos et de fraîcheur l'été pour les randonneurs. C'est aussi un musée gratuit à ciel ouvert." L'association souligne l'engagement fort des paroissiens dans la réfection. "Les fidèles de l'époque ont cassé leur tirelire pour les autels majeurs, les statues, les confessionnaux... C'est émouvant pour eux aujourd'hui de voir cette église qui a connu les mariages et les baptêmes de leurs familles reprendre vie." Un bâtiment qui sera également destiné à accueillir des événements culturels divers. "Le but est d'en faire un lieu de vie, au-delà du culte. On a déjà de multiples projets, comme le concert qui sera donné par quinze musiciens, ce dimanche, pour la réouverture." Un livre retraçant l'histoire de la réfection de l'église sera également disponible à la vente.

Les quarante années de fermeture de l'église Saint-Martin de Villar-d'Arêne se seront finalement achevées par la renaissance d'un édifice condamné à la démolition. Une histoire de "patience" et d'"espérance", comme le résume Anne-Marie, à laquelle "personne ne croyait au départ". Mais dans les grands moments de doute, quand les voix des opposants se faisaient trop entendre, les bénévoles trouvaient refuge dans la prière. Anne-Marie l'assure, "quand on avait un coup de mou, Saint Martin n'était jamais loin !" Une réouverture qui incitera peut-être d'autres villages à unir leurs forces pour sauver leurs églises en péril.


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dimanche 12 juillet 2026

La communauté Saint-Martin, cinquante ans de vie sacerdotale au service des diocèses

 

ordinations diaconales, 2025.

La communauté Saint-Martin célèbre en 2026 un demi-siècle de vie sacerdotale communautaire au service des diocèses. Entre formation exigeante, vie fraternelle et missions variées, elle continue d’attirer des vocations et de s’ancrer durablement dans le paysage ecclésial français.

"Servir" : c'est ainsi que pourrait se résumer, en un mot, le charisme de la communauté Saint Martin, qui fête, en 2026, les 50 ans de sa création. Fondée en 1976, cette communauté de prêtres conserve aujourd’hui un élan missionnaire intact. Signe de cette fécondité : les 19 et 20 juin, 12 prêtres et 10 diacres seront ordonnés en la basilique Notre-Dame de l’Épine.

La communauté Saint-Martin naît à l’initiative de l’abbé Jean-François Guérin (qui fait aujourd'hui l’objet d’une enquête ecclésiale portant sur sa gouvernance, ndlr*), qui rassemble un petit groupe de jeunes aspirants au sacerdoce désireux de vivre une formation exigeante, à la fois spirituelle, communautaire et intellectuelle. Dans le contexte du renouveau post-conciliaire, le projet se structure rapidement avec l’accueil des premiers membres à Voltri, près de Gênes, sous la protection du cardinal Siri, afin de former des prêtres diocésains vivant en communauté. Dès les années 1980, la communauté commence à recevoir des missions pastorales en France et se déploie progressivement dans plusieurs diocèses. Elle compte à ce jour 186 prêtres et 20 diacres, répartis dans 52 communautés locales (paroisses, sanctuaires et lieux d'éducation) et dans cinq pays différents : la France, l’Italie, Cuba, l’Allemagne et l’Autriche.

L'intuition fondatrice : conjuguer vie fraternelle, formation et mission. "Lorsque la communauté est née en 1976, c’était difficile de voir à vue humaine ce qu’elle allait devenir", confie à Aleteia Don Paul Préaux, le modérateur de la Communauté. "Aujourd’hui, elle a grandi et a pu se déployer, pour servir l’Église universelle, dans plus de cinquante implantations. Parmi les beaux fruits, la Maison de formation, qui accueille, chaque année, des jeunes hommes en propédeutique et les aide à répondre à l’appel de Dieu."

Une formation multidimensionnelle

Vincent a 35 ans. En deuxième année de philosophie à Évron, il fait partie des 117 séminaristes et propédeutes de la communauté Saint-Martin. Avant son entrée au séminaire, il travaillait à Barcelone, lançait un projet d’entreprise et vivait une relation de couple, loin de toute perspective sacerdotale. Jusqu'à une nuit de l'âme. "Je me sentais perdu. Je ne savais pas où aller. J'ai crié vers le Ciel et j'ai dit à Dieu que je voulais arrêter de faire ma volonté pour faire la Sienne". Peu après, une rencontre à Lourdes avec un prêtre de la communauté, en confession, agit comme un déclic : il dit s’y être immédiatement senti "à la maison". "Ce qui m’a marqué, c’est la vie communautaire qui aide à travailler la charité pastorale, le soin apporté à la liturgie, la fraternité très concrète entre les prêtres et la place donnée à la formation", résume le séminariste.

Cette formation, exigeante, se déroule sur sept ans. "Elle est longue, mais nécessaire", explique à Aleteia Don Amaury, économe et formateur de la Communauté à Evron. "Avant de faire des prêtres, il faut faire des chrétiens, et encore avant, des hommes. L'objectif est de favoriser une certaine maturité affective, spirituelle, et la capacité à assumer des responsabilités. C'est une formation intégrale, qui prend en compte toutes les dimensions de la personne : intellectuelle, spirituelle, humaine", poursuit-il.

Une fois ordonnés diacres, puis prêtres, les séminaristes sont envoyés par équipes de trois ou quatre dans les multiples missions des diocèses de France, mais aussi à l'étranger. Cette vie communautaire et diocésaine, explique Don Paul Préaux, "est exigeante, mais elle est destinée à soutenir les membres de la Communauté dans leur sanctification et dans leur mission." "Il y a une sorte d’échange des dons entre les prêtres qui sont incardinés dans le diocèse et y sont donc enracinés et ceux qui viennent, comme nous, de communautés. Cela tisse un lien entre l’Église universelle et chaque diocèse", souligne Don Antoine Barlier, prêtre formateur à la Maison de formation.

Sanctuaires, écoles...

Les prêtres de la communauté Saint Martin peuvent aussi être affectés dans des sanctuaires, comme à Notre-Dame de Montligeon (Orne). Don Paul Denizot en est le recteur depuis huit ans. Le sanctuaire, qui accueille environ 160.000 visiteurs par an, propose toute une pastorale autour de l'accompagnement du deuil et la prière pour les défunts. "La particularité du sanctuaire est d'avoir une double dimension : faire vivre une fraternité de prière et annoncer l’espérance chrétienne face à la mort", explique Don Paul Denizot.

Ici aussi, la communauté Saint Martin contribue à cet "esprit de famille", en étroite collaboration avec les salariés, les bénévoles et les sœurs de la Nouvelle alliance. "Le fait de vivre notre ministère en communauté rayonne vraiment sur le sanctuaire. Cela donne une forme de puissance à notre pastorale. Mais c'est aussi très exigeant", concède Don Paul Denizot qui tient à casser l'image d'une vie de communauté où tout serait "idyllique". "La vie commune peut faire souffrir. C'est le cas pour tout le monde, et les prêtres ne sont pas épargnés. C’est comme une vie de famille : cela implique des sacrifices, de la patience, de l’écoute, de la remise en question."

Don Etienne Peltre sera ordonné prêtre ce samedi 20 juin. Avant d'être nommé à la paroisse d'Oullins, en périphérie de Lyon, ce jeune diacre de 29 ans a passé son année de diaconat à la paroisse de Montrichard et Pontlevoy. Avec trois prêtres et un séminariste stagiaire, il participe à la direction du collège-lycée de Pontlevoy, établissement privé sous contrat. "Nous avons essentiellement la charge de l'internat, mais aussi la gestion de la vie quotidienne de l'établissement", explique Don Etienne. A côté, la paroisse de Montrichard comporte douze clochers qu'il faut desservir avec la même énergie.

"Ce matin par exemple, je donnais des cours de culture chrétienne, et cet après-midi je rends visite aux personnes âgées en EHPAD. C'est une mission très riche, assez spécifique en raison de la place accordée à l'établissement scolaire et de notre forte présence auprès des jeune". Le futur prêtre dit s’être senti immédiatement accueilli par la paroisse, au contact de familles heureuses et enthousiastes de la présence de la communauté Saint-Martin.

Humilité et prudence

Car il faut le dire, la communauté Saint Martin a le vent en poupe, notamment auprès des fidèles. Un "succès" que ses responsables regardent avec prudence et humilité. "Le mot succès me fait peur. C’est une réalité assez fugace et en tout cas très humaine", confie ainsi Don Paul Préaux qui lui préfère celui de "dynamisme". "Cela nous rapproche plus de l’élan de vie que nous donne l’Esprit saint."

"Don Paul Préaux se bat contre la tentation de l’orgueil. Notre but est de suivre le Christ dans son Église. Tout doit concourir à la gloire de Dieu", approuve de son côté Don Paul Denizot. C'est d'ailleurs cet esprit qui anime les futurs prêtres de la Communauté. "Nous sommes avant tout au service de l'Église. Je m'apprête à recevoir le sacerdoce et je ne sais pas de quoi ma vie sera faite : serai-je envoyé auprès de ruraux, de citadins, dans les banlieues ou les quartiers plus aisés, auprès des jeunes ou des personnes âgées ?", s'interroge Don Étienne Peltre. Et de conclure : "Au fond, cela importe peu. Nous sommes là pour aller à la rencontre de chacun et témoigner du Christ dans la charité fraternelle."


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